Le Plan d’Épargne Retraite (PER) reste en 2026 l’outil de défiscalisation le plus accessible et le plus puissant pour les épargnants à TMI 30 % et plus. Plafond salarié : de 4 710 € à 37 680 € de versements déductibles (10 % des revenus de 2025, PASS 2025 = 47 100 €). Plafond TNS : jusqu’à 88 911 €. Nouveautés loi de finances 2026 : report des plafonds non utilisés porté à 5 ans, fin de la déductibilité à 70 ans, hausse des prélèvements sociaux en sortie à 18,6 %. Guide complet, exemples chiffrés et stratégies d’optimisation.

Par l’équipe ACVM Patrimoine — Conseillers en gestion de patrimoine
Publié le 15 mai 2026 — Mis à jour le 15 mai 2026
Temps de lecture estimé : 9 minutes

PER 2026 | Plan épargne retraite | Déduction fiscale | Plafond versement | Retraite | Optimisation fiscale | TNS

Dans cet article :

  1. Qu’est-ce que le PER individuel ?
  2. Comment fonctionne la déduction fiscale du PER ?
  3. Les plafonds de déduction 2026 : salariés, TNS et inactifs
  4. Les 3 nouveautés de la loi de finances 2026
  5. Tableau comparatif : PER vs assurance-vie
  6. Exemples chiffrés selon votre profil
  7. Les stratégies d’optimisation du PER en 2026
  8. La fiscalité en sortie : rente ou capital ?
  9. Les risques et précautions
  10. Procédure : comment ouvrir et alimenter un PER
  11. Cas particuliers
  12. Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine
  13. Foire aux questions
  14. En résumé

Qu’est-ce que le PER individuel ?

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) individuel — également appelé PERIN — est un produit d’épargne à long terme créé par la loi PACTE du 22 mai 2019. Il remplace progressivement les anciens dispositifs d’épargne retraite : PERP, contrat Madelin, PERCO, article 83. Son objectif est double : permettre à chaque épargnant de constituer un capital pour la retraite tout en bénéficiant d’un avantage fiscal immédiat sur les versements.

Le PER individuel se distingue par sa flexibilité : versements libres ou programmés, allocation personnalisable entre fonds euros sécurisés et unités de compte dynamiques, choix entre sortie en rente ou en capital à la retraite, possibilité de déblocage anticipé dans certains cas. Il est accessible à tous — salariés, TNS, fonctionnaires, inactifs — sans condition de revenus minimums.

Un avantage clé souvent méconnu : le PER n’est pas soumis au plafonnement des niches fiscales de 10 000 € par an. Les versements déductibles s’imputent directement sur le revenu brut global, en dehors de tout plafonnement. Découvrez notre page Plan d’épargne retraite pour en savoir plus sur nos solutions disponibles.

Comment fonctionne la déduction fiscale du PER ?

Le mécanisme est simple dans son principe : chaque versement volontaire que vous effectuez sur votre PER est déduit de votre revenu imposable de l’année en cours, dans la limite de votre plafond personnel. Cette déduction réduit mécaniquement votre base d’imposition, et donc votre impôt à payer.

La déduction est proportionnelle à votre tranche marginale d’imposition (TMI) :

TMIVersement sur PERÉconomie fiscale immédiateCoût réel du versement
11 %10 000 €1 100 €8 900 €
30 %10 000 €3 000 €7 000 €
41 %10 000 €4 100 €5 900 €
45 %10 000 €4 500 €5 500 €

Important : la déduction s’applique sur les versements effectués en 2026, qui seront déclarés lors de la déclaration de revenus d’avril 2027. L’économie fiscale est donc perçue en septembre 2027, lors de la mise à jour du taux de prélèvement à la source ou du remboursement du trop-perçu.

Vous pouvez également choisir de ne pas déduire vos versements à l’entrée — une option avantageuse si vous n’êtes pas ou peu imposable, car elle génère une fiscalité plus favorable en sortie (seules les plus-values sont imposées, pas le capital).

Les plafonds de déduction 2026 : salariés, TNS et inactifs

Le plafond de déduction PER est calculé individuellement par l’administration fiscale et figure sur votre avis d’imposition à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Il varie selon votre statut professionnel et vos revenus de l’année précédente.

Pour les salariés, fonctionnaires et retraités

Pour les versements effectués en 2026, le plafond est égal au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels de 2025, nets de cotisations sociales et de frais professionnels, avec une déduction maximale de 37 680 €, ou 4 710 € si ce montant est plus élevé. En pratique :

  • Plafond minimum : 4 710 € (pour les faibles revenus ou les inactifs)
  • Plafond maximum : 37 680 € (atteint pour des revenus nets 2025 supérieurs à 376 800 €)

Pour les travailleurs non-salariés (TNS)

Les TNS — artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales — bénéficient d’un plafond nettement plus élevé. Avec un PASS à 48 060 € en 2026, la déduction fiscale pour les travailleurs non-salariés atteint au minimum 4 806 € et au maximum 88 911 € annuels. Ce double plafond TNS se calcule comme suit :

  • 10 % du bénéfice imposable de l’année dans la limite de 8 fois le PASS (= 384 480 €), soit au maximum 38 448 €
  • + 15 % du bénéfice compris entre 1 et 8 fois le PASS, soit jusqu’à 50 463 € supplémentaires
  • Total maximum : 88 911 € de versements déductibles pour les TNS aux revenus les plus élevés

Le report des plafonds non utilisés — nouveauté 2026

Les montants de plafonds de versements volontaires déductibles non utilisés peuvent être reportés pendant 5 ans (contre 3 ans avant le 1er janvier 2026). Concrètement, un plafond non consommé en 2026 pourra être utilisé jusqu’à fin 2031, en complément des plafonds des années suivantes. Ce report sur 5 ans offre une souplesse accrue pour les épargnants dont la capacité d’épargne varie d’une année à l’autre.

À noter : pour les plafonds non utilisés des années 2024 et 2025, le délai de report reste de 3 ans (règle antérieure). La nouvelle règle de report sur 5 ans s’applique aux plafonds non utilisés à compter de 2026.

La mutualisation des plafonds entre conjoints

Pour les couples mariés ou pacsés, les plafonds peuvent être mutualisés sur option. Pour en bénéficier, vous devez cocher la case 6QR lors de votre déclaration commune. Les versements sont d’abord imputés sur vos plafonds individuels, avant de passer aux plafonds de votre conjoint. Cette option est particulièrement avantageuse lorsque l’un des conjoints a des revenus nettement supérieurs à l’autre, ou lors d’une rentrée d’argent exceptionnelle (héritage, prime, cession).

Les 3 nouveautés de la loi de finances 2026

La loi de finances pour 2026 a introduit 3 changements dans la fiscalité du PER. Les anciens produits d’épargne retraite ne sont pas concernés et conservent leur régime propre.

Nouveauté 1 — Report des plafonds porté à 5 ans

Les plafonds PER non utilisés sont désormais reportables sur 5 ans au lieu de 3 ans. Cette mesure permet une plus grande souplesse dans la planification des versements — notamment pour les épargnants qui ont des revenus variables ou qui souhaitent capitaliser sur une année particulièrement chargée fiscalement.

Nouveauté 2 — Fin de la déductibilité à partir de 70 ans

À partir de l’âge de 70 ans, les versements réalisés ne sont plus déductibles du revenu imposable. La mesure s’applique rétroactivement aux versements effectués depuis le 1er janvier 2026. Si vous avez 70 ans ou plus, vous pouvez toujours verser sur votre PER — mais sans bénéficier de la déduction fiscale à l’entrée. La fiscalité favorable en sortie (exonération d’IR sur le capital en cas de sortie en capital) reste applicable pour ces versements non déduits.

Nouveauté 3 — Hausse des prélèvements sociaux en sortie à 18,6 %

En raison d’une hausse de la CSG de 1,4 point sur les revenus du capital, le taux global de prélèvements sociaux sur le PER est passé de 17,2 % à 18,6 %. Ce nouveau taux s’applique à tous les PER sur les sommes récupérées depuis le 1er janvier 2026, en cas de sortie en rente ou en capital. Cette hausse augmente légèrement le coût fiscal de la sortie mais ne remet pas en cause l’intérêt fondamental du dispositif pour les TMI élevées.

Tableau comparatif : PER vs assurance-vie

CritèrePER individuelAssurance-vie
Avantage fiscal à l’entrée✅ Déduction du revenu imposable❌ Aucun
Fiscalité en sortieIR sur capital + PS (si versements déduits)Abattement 4 600 €/an (9 200 € couple) après 8 ans
DisponibilitéBloqué jusqu’à la retraite (sauf cas déblocage)Disponible à tout moment
TransmissionIntégration à la succession (sauf rente réversible)152 500 € par bénéficiaire hors succession
Plafond de versementIllimité (déduction plafonnée)Illimité
Supports disponiblesFonds euros + unités de compteFonds euros + unités de compte
Idéal pourTMI 30 %+, défiscalisation immédiateÉpargne flexible, transmission, TMI faible

PER et assurance-vie sont complémentaires — l’un optimise l’entrée fiscale, l’autre offre la liquidité et la transmission. La stratégie optimale combine les deux selon votre profil. Découvrez aussi notre page assurance-vie luxembourgeoise pour les patrimoines importants.

Exemples chiffrés selon votre profil

Exemple 1 — Cadre salarié à TMI 30 %, versement annuel optimisé

Situation : Isabelle, 42 ans, cadre, revenus nets 2025 de 62 000 €, TMI 30 %, impôt annuel de 8 200 €. Son plafond PER 2026 est de 6 200 € (10 % de 62 000 €).

Stratégie : Versement de 6 200 € sur son PER individuel en décembre 2026.

Économie fiscale : 6 200 € × 30 % = 1 860 € d’impôt économisé dès 2027. Impôt résiduel : 8 200 € − 1 860 € = 6 340 €. Sur 20 ans à ce rythme, l’économie fiscale cumulée atteint 37 200 €.

Conclusion : Le versement PER d’Isabelle lui coûte réellement 4 340 € (6 200 € − 1 860 €) — soit un rendement immédiat de 42,8 % avant même toute performance financière.

Exemple 2 — Chef d’entreprise TNS à TMI 41 %, utilisation du plafond maximum

Situation : Julien, 47 ans, dirigeant de SARL (gérant majoritaire), bénéfice imposable 2026 de 180 000 €, TMI 41 %, impôt annuel de 58 000 €. Plafond TNS 2026 estimé à environ 25 800 € (10 % × 180 000 € + 15 % × [180 000 € − 48 060 €]).

Stratégie : Versement de 25 800 € sur un PER individuel.

Économie fiscale : 25 800 € × 41 % = 10 578 € d’impôt économisé. Impôt résiduel : 58 000 € − 10 578 € = 47 422 €. Coût réel du versement : 25 800 € − 10 578 € = 15 222 €.

Conclusion : L’État finance 41 % de l’épargne retraite de Julien. Sur 15 ans, l’économie fiscale cumulée dépasse 158 000 € — un levier considérable pour préparer une retraite de chef d’entreprise souvent insuffisamment dotée par le régime obligatoire.

Exemple 3 — Utilisation du rattrapage sur 5 ans

Situation : Marc, 50 ans, ingénieur, n’a jamais alimenté son PER. Son plafond non utilisé sur les 5 dernières années (2021-2025) représente 47 000 €. Son plafond 2026 est de 8 500 €. Il reçoit une prime exceptionnelle de 40 000 € en 2026.

Stratégie : Versement sur son PER de 40 000 € — intégralement déductible grâce au cumul de son plafond 2026 (8 500 €) et de ses plafonds non utilisés antérieurs.

Économie fiscale : 40 000 € × 30 % (TMI) = 12 000 € d’impôt économisé en une seule année sur sa prime exceptionnelle.

Conclusion : Le rattrapage des plafonds non utilisés est l’une des stratégies les plus efficaces pour absorber fiscalement une rentrée d’argent exceptionnelle — prime, héritage, cession de bien. Un bilan patrimonial permet d’identifier précisément votre capacité de rattrapage.

Les stratégies d’optimisation du PER en 2026

Stratégie 1 — Verser en fin d’année sur les années à revenus élevés

Puisque la déduction s’applique sur l’année du versement, il est optimal de concentrer les versements sur les années où vos revenus — et donc votre TMI — sont les plus élevés. Une promotion, un bonus exceptionnel, une bonne année de revenus pour un TNS : ces moments sont idéaux pour maximiser le versement PER. Si vos revenus baissent l’année suivante (chômage, retraite, baisse d’activité), la TMI applicable en sortie sera plus faible — ce qui réduit la fiscalité de sortie.

Stratégie 2 — Utiliser le rattrapage des plafonds non utilisés

Les plafonds non utilisés sur les 5 dernières années sont cumulables avec le plafond de l’année en cours. Si vous n’avez pas alimenté votre PER pendant plusieurs années, vous disposez potentiellement d’un plafond cumulé très important. Consultez la rubrique « Plafond épargne retraite » sur votre dernier avis d’imposition pour connaître exactement votre capacité de rattrapage disponible.

Stratégie 3 — Mutualiser les plafonds en couple

Si votre conjoint a un plafond PER non utilisé significatif, vous pouvez l’utiliser en cochant la case 6QR de votre déclaration commune. Cette mutualisation est particulièrement efficace lorsqu’un des conjoints a des revenus beaucoup plus élevés que l’autre, ou lors d’une rentrée d’argent exceptionnelle d’un seul des deux membres du foyer.

Stratégie 4 — Arbitrer entre déduction à l’entrée et fiscalité allégée en sortie

Si votre TMI actuelle est faible (11 % ou 0 %), il peut être judicieux de renoncer à la déduction à l’entrée. Dans ce cas, en sortie, seules les plus-values sont imposées — le capital initial est exonéré d’impôt sur le revenu. Cette option convient aux personnes en début de carrière, aux non-imposables ou aux retraités qui souhaitent continuer à épargner sur un PER sans déduction. Cela peut également être une bonne stratégie si vous prévoyez d’être fortement imposé à la retraite.

Stratégie 5 — Combiner PER + assurance-vie + SCPI

Le PER s’inscrit dans une stratégie patrimoniale globale. Pour un investisseur à TMI 30 % ou plus, la combinaison optimale en 2026 est généralement : PER pour la défiscalisation immédiate, assurance-vie pour la capitalisation flexible et la transmission, et SCPI pour les revenus complémentaires réguliers. Chaque enveloppe joue un rôle précis dans l’allocation globale. Découvrez notre article investir 100 000 € à 40 ans pour une illustration complète de cette stratégie multi-enveloppes.

La fiscalité en sortie : rente ou capital ?

La fiscalité en sortie du PER dépend de deux paramètres : la nature des versements (déduits ou non déduits) et le mode de liquidation choisi (rente viagère ou capital).

Sortie en capital (versements déduits)

  • La part correspondant aux versements : soumise à l’impôt sur le revenu au barème progressif (selon votre TMI à la retraite). Pas de flat tax, pas d’abattement.
  • La part correspondant aux gains (plus-values) : soumise à la flat tax de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de PS — mais attention, depuis le 1er janvier 2026 les PS passent à 18,6 %, soit une flat tax effective de 31,4 %).

Sortie en capital (versements non déduits)

  • La part correspondant aux versements : totalement exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
  • La part correspondant aux gains : flat tax à 31,4 % (taux 2026 avec PS à 18,6 %).

Sortie en rente viagère

La rente viagère est imposée dans la catégorie des pensions et retraites si les versements ont été déduits à l’entrée — avec un abattement de 10 % dans la limite de 4 123 €. Si les versements n’ont pas été déduits, la rente est imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux (fraction imposable selon l’âge : 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans).

Stratégie clé : si vous prévoyez d’être moins imposé à la retraite qu’en activité (baisse de TMI), la sortie en capital est généralement plus avantageuse. Si vous redoutez un risque de longévité et souhaitez un revenu garanti à vie, la rente peut être pertinente — mais elle est irrévocable.

Les risques et précautions

  • Blocage jusqu’à la retraite : le PER est par nature un placement de long terme. Les fonds sont bloqués jusqu’à votre départ à la retraite, sauf dans six cas de déblocage anticipé : décès du conjoint, invalidité, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire, et achat de la résidence principale (unique parmi les placements retraite).
  • Risque de perte en capital sur les unités de compte : seul le fonds euros garantit le capital investi. Les unités de compte (actions, SCPI, fonds diversifiés) sont soumises aux fluctuations des marchés financiers. Une allocation adaptée à votre horizon de placement est indispensable.
  • Fiscalité de sortie à anticiper : la déduction à l’entrée génère mécaniquement une imposition en sortie. Si votre TMI à la retraite est identique ou supérieure à votre TMI actuelle, l’avantage fiscal net peut être limité. Ce scénario est rare mais mérite d’être modélisé avant d’investir massivement.
  • Frais du contrat : tous les PER ne se valent pas. Les frais de gestion annuels, les frais sur versements et les frais d’arbitrage varient significativement d’un contrat à l’autre. Un PER avec 3 % de frais sur versements érode significativement la performance sur le long terme — comparez les offres avant de souscrire.
  • Transmission moins favorable que l’assurance-vie : en cas de décès avant la retraite, le PER est intégré à la succession (soumis aux droits de succession), contrairement à l’assurance-vie qui bénéficie d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire hors succession. Le PER est moins optimal que l’assurance-vie pour les stratégies de transmission. Consultez notre page transmettre son patrimoine pour explorer les alternatives.

Procédure : comment ouvrir et alimenter un PER

  1. Vérifiez votre plafond de déduction disponible : consultez votre dernier avis d’imposition, rubrique « Plafond épargne retraite ». Ce montant inclut le plafond de l’année en cours et les plafonds non utilisés des 5 années précédentes.
  2. Choisissez votre contrat PER : comparez les frais (frais sur versements, frais de gestion annuels), la qualité du fonds euros (rendement garanti), la diversité des unités de compte disponibles et les modalités de gestion (gestion libre ou pilotée). Votre bilan patrimonial avec un CGP vous permettra de sélectionner le meilleur contrat pour votre profil.
  3. Définissez votre allocation : selon votre horizon de placement (nombre d’années avant la retraite) et votre tolérance au risque. Un profil équilibré à 20 ans de la retraite peut viser 60 % en unités de compte et 40 % en fonds euros. Plus l’échéance est proche, plus la sécurisation du capital s’impose.
  4. Optez pour la déduction ou non à l’entrée : par défaut, les versements sont déduits. Si votre TMI est faible (11 % ou 0 %), envisagez de renoncer à la déduction pour bénéficier d’une exonération totale en sortie sur le capital.
  5. Planifiez vos versements : versements ponctuels en fin d’année pour absorber les revenus exceptionnels, ou versements mensuels programmés pour lisser l’effort d’épargne. La combinaison des deux est souvent la plus efficace.
  6. Déclarez vos versements : lors de votre déclaration de revenus 2027 (pour les versements 2026), indiquez le montant total versé dans la rubrique « Charges déductibles — épargne retraite » (case 6NS, 6NT ou 6NU selon votre situation).

Cas particuliers

Cas du chef d’entreprise en fin de carrière

Pour un chef d’entreprise dont la cession est prévue dans 3 à 5 ans, le PER est un levier majeur à activer dès maintenant. Les dernières années d’activité sont souvent les plus rentables — et donc les plus imposées. Maximiser les versements PER pendant cette période permet de réduire la facture fiscale des années à fort revenu, tout en constituant un capital retraite complémentaire. Cette stratégie se combine idéalement avec un dispositif d’apport-cession 150-0 B ter si une cession d’entreprise est envisagée. Notre page accompagnement du chef d’entreprise détaille ces stratégies combinées.

Cas d’un déblocage anticipé pour achat de résidence principale

Le PER est le seul produit d’épargne retraite permettant le déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale — une spécificité précieuse pour les épargnants qui n’en sont pas encore propriétaires. Le capital débloqué est soumis à l’impôt sur le revenu (sur la fraction correspondant aux versements déduits) et aux prélèvements sociaux (sur les plus-values). Ce déblocage doit être soigneusement arbitré avec votre CGP : les sommes retirées ne peuvent plus capitaliser dans le PER, et l’avantage fiscal de la déduction à l’entrée peut être partiellement neutralisé par l’imposition à la sortie anticipée.

Cas d’un fonctionnaire ou d’un enseignant

Les fonctionnaires et enseignants bénéficient d’une pension de retraite plus prévisible que les salariés du privé, mais souvent insuffisante pour maintenir intégralement leur niveau de vie — notamment en raison de l’exclusion des primes de la base de calcul de la pension. Le PER constitue pour eux un complément idéal : versements réguliers tout au long de la carrière, déduction fiscale à 30 % ou 41 %, capital disponible à la retraite sous forme de capital ou de rente. Découvrez notre article dédié sur la retraite des enseignants pour des stratégies spécifiques. Et plus généralement notre page préparer sa retraite pour les solutions adaptées à chaque statut.

Cas d’un PER entreprise (PERECO ou PERO)

Si votre employeur vous propose un PER d’entreprise collectif (PERECO) avec abondement, commencez par l’alimenter en priorité jusqu’au maximum de l’abondement — c’est de l’argent gratuit versé par votre employeur. L’abondement employeur est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 419 € en 2026. Une fois ce plafond d’abondement atteint, vous pouvez compléter avec un PER individuel pour utiliser le reste de votre plafond de déduction.

Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine

Le PER individuel est, en 2026, le premier levier d’optimisation fiscale à activer pour tout contribuable à TMI 30 % et plus qui n’a pas encore de projet patrimonial immédiat nécessitant de la liquidité. Sa combinaison d’économie fiscale immédiate, de capitalisation long terme et de souplesse à la sortie (capital ou rente, déblocage résidence principale) en fait un outil incontournable.

Notre recommandation s’articule autour de quatre principes :

  • Ouvrir un PER le plus tôt possible — même avec de petits montants. L’ouverture du contrat fait courir les délais fiscaux et permet de cumuler des plafonds pour les années futures.
  • Maximiser les versements les années à hauts revenus — promotion, prime, bonne année TNS, rentrée exceptionnelle : ces moments sont idéaux pour verser et déduire au taux le plus élevé.
  • Vérifier chaque année le plafond disponible sur son avis d’imposition — rubrique « Plafond épargne retraite » — pour ne jamais laisser de capacité de déduction se perdre.
  • Intégrer le PER dans une stratégie globale aux côtés de l’assurance-vie, des SCPI et des autres enveloppes fiscales pour construire une retraite sur plusieurs piliers indépendants.

La stratégie optimale dépend de votre TMI, de votre horizon de retraite, de vos projets immobiliers et de votre situation familiale. Découvrez comment valoriser votre patrimoine avec une approche globale, ou prenez rendez-vous avec ACVM Patrimoine pour un bilan personnalisé.

Foire aux questions

Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?

En 2026, le plafond de déduction du PER individuel varie selon votre statut. Pour les salariés et fonctionnaires, il est égal à 10 % des revenus professionnels nets de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Pour les travailleurs non-salariés (TNS) — artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales — le plafond est nettement plus élevé : entre 4 806 € et 88 911 € selon le bénéfice imposable de 2026, calculé sur la base du PASS 2026 fixé à 48 060 €. Pour les personnes sans revenus professionnels (retraités sans activité, étudiants, parents au foyer), le plafond est de 4 710 €. Ces plafonds sont calculés automatiquement par l’administration fiscale et figurent sur votre avis d’imposition à la rubrique « Plafond épargne retraite ». La nouveauté 2026 : les plafonds non utilisés peuvent désormais être reportés sur 5 ans au lieu de 3 ans — offrant une plus grande souplesse dans la planification des versements.

Quand peut-on débloquer son PER avant la retraite en 2026 ?

Le PER est par principe un placement bloqué jusqu’au départ à la retraite. Cependant, six cas de déblocage anticipé permettent de récupérer son épargne avant la retraite : le décès du conjoint ou partenaire de PACS, l’invalidité (du titulaire, du conjoint ou d’un enfant), le surendettement reconnu par une commission, l’expiration des droits au chômage, la cessation d’activité non salariée suite à une liquidation judiciaire, et l’achat de la résidence principale. Ce dernier cas est unique parmi les placements retraite — il permet à un primo-accédant d’utiliser son épargne PER comme apport immobilier. Les sommes débloquées sont alors soumises à l’impôt sur le revenu (sur la fraction correspondant aux versements déduits) et aux prélèvements sociaux de 18,6 % sur les plus-values. Cette possibilité doit être pesée soigneusement avec un conseiller patrimonial, car les sommes retirées ne peuvent plus capitaliser dans le contrat.

Vaut-il mieux ouvrir un PER ou une assurance-vie en 2026 ?

Les deux produits répondent à des objectifs différents et sont complémentaires plutôt que concurrents. Le PER est idéal si votre TMI est de 30 % ou plus et que vous souhaitez une défiscalisation immédiate et significative — chaque versement réduit directement votre impôt. Il est en revanche bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé) et son avantage fiscal à l’entrée génère une imposition en sortie. L’assurance-vie est plus adaptée si vous avez besoin de liquidité (rachats possibles à tout moment), si vous souhaitez optimiser la transmission de votre patrimoine (152 500 € exonérés par bénéficiaire hors succession), ou si votre TMI est faible (l’avantage fiscal du PER est alors limité). En pratique, la stratégie optimale pour un contribuable à TMI 30 %+ en 2026 consiste à ouvrir les deux : PER pour les versements déductibles jusqu’au plafond, assurance-vie pour le complément d’épargne flexible et la transmission. Un bilan patrimonial permet de définir le bon équilibre entre les deux enveloppes selon votre situation.

Quelles sont les nouveautés du PER introduites par la loi de finances 2026 ?

La loi de finances pour 2026 a introduit trois modifications significatives au régime du PER. Premièrement, le report des plafonds non utilisés est porté de 3 à 5 ans — les plafonds non consommés à compter de 2026 pourront être utilisés jusqu’à 5 ans plus tard, offrant une plus grande souplesse dans la planification des versements. Deuxièmement, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable depuis le 1er janvier 2026. Cette mesure s’applique rétroactivement aux versements réalisés en 2026 par les titulaires ayant atteint 70 ans. Les versements non déduits restent possibles et bénéficient d’une fiscalité favorable en sortie. Troisièmement, le taux de prélèvements sociaux en sortie est relevé à 18,6 % (contre 17,2 % auparavant), suite à la hausse de 1,4 point de la CSG sur les revenus du capital. Ces trois changements s’appliquent à tous les PER (individuel, collectif, obligatoire) mais pas aux anciens produits d’épargne retraite (PERP, Madelin, article 83) qui conservent leur régime propre.

Le PER est-il intéressant si l’on est peu ou pas imposable en 2026 ?

Si votre taux marginal d’imposition est de 11 % ou 0 %, la déduction fiscale du PER est très limitée — voire nulle pour les non-imposables. Dans ce cas, deux options s’offrent à vous. Première option : renoncer à la déduction à l’entrée en cochant la case correspondante lors des versements. En sortie à la retraite, seules les plus-values seront imposées — le capital initial est exonéré d’IR et de prélèvements sociaux. Si votre TMI augmente à l’avenir (progression de carrière, hausse des revenus), vous bénéficierez de la déduction à taux plus élevé sur les versements futurs. Deuxième option : privilégier d’autres enveloppes plus adaptées à une TMI faible, comme le PEA (exonération d’IR après 5 ans sur les plus-values) ou l’assurance-vie (abattement annuel après 8 ans). La règle générale : plus votre TMI est élevée, plus le PER avec déduction à l’entrée est avantageux. En dessous de 30 %, d’autres arbitrages méritent d’être envisagés avec votre CGP.

En résumé

  • Plafond salarié 2026 : de 4 710 € à 37 680 € — 10 % des revenus nets de 2025, calculé sur le PASS 2025 (47 100 €). Plafond TNS : jusqu’à 88 911 €.
  • Économie fiscale immédiate proportionnelle à la TMI : 3 000 € économisés pour 10 000 € versés à TMI 30 %, 4 100 € à TMI 41 %, 4 500 € à TMI 45 %.
  • 3 nouveautés LF 2026 : report des plafonds porté à 5 ans, fin de la déductibilité à 70 ans, PS en sortie relevés à 18,6 %.
  • Déblocage anticipé possible dans 6 cas, dont l’achat de la résidence principale — unique parmi les placements retraite.
  • Hors plafonnement des niches fiscales : la déduction PER s’impute en dehors du plafond global de 10 000 €/an — cumulable avec tous les autres avantages fiscaux actifs.
  • À retenir : consultez votre avis d’imposition rubrique « Plafond épargne retraite » pour connaître exactement votre capacité de déduction 2026, plafonds reportés inclus.
  • Notre conseil : ouvrez un PER dès aujourd’hui même avec de petits montants, et maximisez les versements les années où vos revenus — et votre TMI — sont les plus élevés.

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