SCI 2026 : par défaut soumise à l’IR (article 8 du CGI), la société civile immobilière peut opter pour l’IS — un choix irréversible aux conséquences fiscales radicalement différentes. Taux IS à 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 % au-delà, amortissement sur 30 à 40 ans, flat tax à 31,4 % sur les dividendes, mais aucun abattement pour durée de détention à la revente : ce comparatif complet vous aide à choisir le bon régime selon votre profil, votre TMI et votre horizon patrimonial.

Par l’équipe ACVM Patrimoine — Conseillers en gestion de patrimoine
Publié le 4 mai 2026 — Mis à jour le 4 mai 2026
Temps de lecture estimé : 9 minutes

SCI 2026 | SCI à l’IR | SCI à l’IS | Fiscalité SCI | Transmission patrimoine | Déficit foncier | Optimisation fiscale

Dans cet article :

  1. SCI : quel régime fiscal par défaut en 2026 ?
  2. SCI à l’IR : fonctionnement et fiscalité
  3. SCI à l’IS : fonctionnement et fiscalité
  4. Comparatif IR vs IS : le tableau de synthèse
  5. Exemples chiffrés selon votre profil
  6. Avantages et limites de chaque régime
  7. Le point décisif : la fiscalité des plus-values à la revente
  8. Comment passer de l’IR à l’IS en 2026 ?
  9. Cas particuliers
  10. Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine
  11. Foire aux questions
  12. En résumé

SCI : quel régime fiscal par défaut en 2026 ?

La société civile immobilière (SCI) est, par nature et par défaut, soumise à l’impôt sur le revenu (IR) en vertu de l’article 8 du Code général des impôts. Cela signifie que la SCI ne paie pas elle-même l’impôt : elle est fiscalement transparente, et chaque associé est imposé personnellement sur sa quote-part des bénéfices, proportionnellement à ses droits dans la société.

Les associés peuvent toutefois opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), soit dès la création de la SCI, soit en cours de vie sociale. Cette option transforme radicalement la logique fiscale de la structure : la SCI devient une entité imposable à part entière, distincte fiscalement de ses associés.

Dans certains cas, l’option pour l’IS n’est pas un choix mais une obligation : lorsque la SCI exerce une activité commerciale — notamment la location meublée — elle bascule automatiquement à l’IS, sauf exception admise par l’administration fiscale. Ce point est crucial pour les propriétaires qui envisagent de louer leurs biens en meublé via une SCI.

Avertissement fondamental : le passage de l’IR à l’IS est irréversible. Une fois l’option exercée, il est impossible de revenir au régime de l’IR, même si la situation patrimoniale ou fiscale des associés évolue défavorablement. Ce choix doit donc être mûrement réfléchi sur l’horizon complet de l’investissement.

SCI à l’IR : fonctionnement et fiscalité

Dans une SCI à l’IR, la société est dite « transparente » : les résultats sont imposés directement au nom des associés, proportionnellement à leurs parts, même si les bénéfices ne sont pas distribués. L’associé est imposé sur sa quote-part de bénéfices chaque année, qu’il ait ou non perçu des loyers personnellement.

Imposition des loyers

Les revenus locatifs sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Deux régimes coexistent :

  • Micro-foncier : applicable si les revenus fonciers totaux de l’associé (incluant sa quote-part de SCI) ne dépassent pas 15 000 € par an. Un abattement forfaitaire de 30 % est appliqué automatiquement. Aucune charge réelle n’est déductible.
  • Régime réel : obligatoire au-delà de 15 000 €. Permet de déduire les charges réelles : intérêts d’emprunt, frais de gestion, travaux d’entretien, taxe foncière, primes d’assurance, provisions pour charges de copropriété. C’est le régime le plus courant pour les SCI détenant plusieurs biens.

À ces revenus fonciers nets s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Le taux global d’imposition dépend donc de la tranche marginale d’imposition (TMI) de chaque associé.

Le déficit foncier : un levier à ne pas négliger

Si les charges déductibles sont supérieures aux loyers perçus, la SCI génère un déficit foncier. Chaque associé peut imputer sa quote-part de déficit sur ses propres revenus fonciers des dix années suivantes. Une fraction du déficit (hors intérêts d’emprunt) peut également être imputée sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an — un levier d’optimisation fiscale significatif, notamment lors de travaux importants.

SCI à l’IS : fonctionnement et fiscalité

Dans une SCI à l’IS, la société est « opaque » : elle calcule et paie elle-même l’impôt sur ses bénéfices. Les associés ne sont imposés personnellement que s’ils perçoivent des dividendes. Tant que les bénéfices restent dans la société, la fiscalité personnelle des associés est différée.

Taux d’IS en 2026

  • 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (taux réduit PME)
  • 25 % au-delà de 42 500 € de bénéfice

L’amortissement : l’atout majeur de l’IS

La SCI à l’IS peut amortir ses immeubles sur leur durée d’utilisation : 30 à 40 ans pour les constructions (hors terrain, non amortissable). Chaque année, une fraction de la valeur du bien est déduite du résultat imposable, réduisant mécaniquement — et parfois très significativement — l’impôt dû. C’est le principal avantage de l’IS pendant la phase d’exploitation locative.

Imposition des dividendes

Lorsque la SCI distribue ses bénéfices, les dividendes perçus par les associés personnes physiques sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur option (case 2OP de la déclaration de revenus), le barème progressif de l’IR s’applique avec un abattement de 40 % sur les dividendes bruts. La loi de finances pour 2026 a supprimé le caractère irrévocable de cette option, offrant davantage de souplesse aux associés.

Comparatif IR vs IS : le tableau de synthèse 2026

CritèreSCI à l’IRSCI à l’IS
Régime par défaut✅ Oui (art. 8 CGI)❌ Sur option ou obligation
Qui paie l’impôt ?Les associés (transparence)La SCI (opacité)
Taux d’imposition revenusTMI de l’associé + 17,2 % PS15 % / 25 % (IS)
Amortissement du bien❌ Impossible✅ Sur 30 à 40 ans
Déficit foncier✅ Imputable sur revenu global (10 700 €/an)Report sur bénéfices futurs uniquement
Plus-value à la reventeRégime particuliers — exonération après 22 ans (IR) et 30 ans (PS)Régime professionnel — 25 % sans abattement, réintégration des amortissements
Distribution aux associésImposition annuelle même sans distributionFlat tax 31,4 % uniquement si dividendes distribués
Obligations comptablesSimplifiéesComptabilité commerciale complète — min. 1 500 €/an
RéversibilitéPeut opter pour l’IS à tout moment❌ Irréversible
Idéal pourDétention longue, transmission, TMI faibleTMI élevé, réinvestissement, horizon court/moyen

Exemples chiffrés selon votre profil

Exemple 1 — Associé à TMI 30 % : IR souvent suffisant

Situation : Nathalie, 48 ans, cadre dans le privé, TMI à 30 %. Sa SCI familiale détient un appartement loué nu générant 12 000 € de loyers annuels bruts. Après déduction des charges au régime réel (intérêts d’emprunt, frais de gestion, taxe foncière), le revenu foncier net s’établit à 6 800 €.

Imposition à l’IR : 6 800 € × (30 % IR + 17,2 % PS) = 6 800 € × 47,2 % = 3 209,60 € d’impôt.

Imposition à l’IS : 6 800 € × 15 % (taux réduit) = 1 020 € d’IS. Si Nathalie distribue ensuite ce bénéfice net : 5 780 € × 31,4 % (flat tax) = 1 814,92 €. Total : 2 834,92 €.

Conclusion : L’IS semble légèrement plus avantageux à court terme. Mais Nathalie prévoit de détenir le bien plus de 22 ans : le régime IR lui permettra alors de bénéficier de l’exonération totale de la plus-value à la revente, ce que l’IS ne permettra jamais. Sur l’horizon global, l’IR reste la stratégie gagnante.

Exemple 2 — Chef d’entreprise à TMI 41 % : l’IS peut être décisif

Situation : Frédéric, 42 ans, dirigeant d’une PME, TMI à 41 %. Sa SCI détient un immeuble locatif avec 38 000 € de revenus fonciers nets annuels. Il souhaite réinvestir les bénéfices dans l’acquisition de nouveaux biens plutôt que les distribuer.

Imposition à l’IR : 38 000 € × (41 % + 17,2 %) = 38 000 € × 58,2 % = 22 116 € d’impôt annuel.

Imposition à l’IS : Les premiers 42 500 € de bénéfice sont taxés à 15 %. Résultat IS : 38 000 € × 15 % = 5 700 €. Frédéric conserve 32 300 € nets dans la SCI pour réinvestir — sans imposition supplémentaire tant qu’il ne distribue pas de dividendes.

Conclusion : L’IS génère une économie fiscale annuelle de 16 416 € pour Frédéric. Sur 10 ans, cela représente un capital réinvesti supplémentaire considérable. L’IS est ici clairement la meilleure option, sous réserve d’anticiper la fiscalité de sortie à la revente.

Exemple 3 — SCI familiale orientée transmission : l’IR protège la sortie

Situation : Martine et Robert, retraités, ont créé une SCI familiale il y a 18 ans. Le bien a été acquis 180 000 €, il vaut aujourd’hui 380 000 €. Ils envisagent de céder le bien dans 5 ans.

À l’IR (détention de 23 ans au moment de la vente) : Plus-value brute : 200 000 €. Après abattement pour durée de détention (exonération totale d’IR après 22 ans), impôt sur le revenu : 0 €. Restent les prélèvements sociaux : exonération totale après 30 ans — si la cession intervient avant, l’abattement partiel s’applique.

À l’IS (hypothèse d’amortissement cumulé de 60 000 €) : Plus-value professionnelle calculée sur la valeur nette comptable : 380 000 € − (180 000 € − 60 000 €) = 260 000 €. IS dû : 25 % × 260 000 € = 65 000 € — sans aucun abattement possible.

Conclusion : Pour une SCI à vocation patrimoniale et de long terme, l’IR est nettement supérieur à la sortie. La différence peut représenter des dizaines de milliers d’euros selon la durée de détention et la valeur du bien.

Avantages et limites de chaque régime

Les atouts de la SCI à l’IR

  • Simplicité de gestion : pas de comptabilité commerciale obligatoire, obligations allégées.
  • Fiscalité de sortie très favorable : exonération totale d’IR sur la plus-value après 22 ans de détention, exonération des prélèvements sociaux après 30 ans.
  • Déficit foncier imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an — levier efficace en cas de travaux importants.
  • Idéal pour la transmission : les donations de parts sociales peuvent bénéficier d’abattements fiscaux, et la SCI facilite le démembrement de propriété.

Les limites de la SCI à l’IR

  • Imposition immédiate : les associés sont imposés chaque année sur leur quote-part de bénéfices, même sans distribution effective.
  • Pas d’amortissement : impossible de déduire l’usure du bien immobilier, contrairement à l’IS.
  • Poids de la TMI élevée : pour les associés à TMI de 41 % ou 45 %, la charge fiscale peut être très lourde.

Les atouts de la SCI à l’IS

  • Amortissement des immeubles sur 30 à 40 ans : réduit fortement le résultat imposable pendant la phase d’exploitation.
  • Taux d’IS avantageux pour les TMI élevées : 15 % jusqu’à 42 500 € est bien inférieur à une TMI de 41 % ou 45 %.
  • Fiscalité différée : tant que les bénéfices ne sont pas distribués, les associés ne sont pas imposés personnellement.
  • Réinvestissement facilité : les bénéfices après IS peuvent être intégralement réinvestis dans de nouveaux actifs.

Les limites de la SCI à l’IS

  • Option irréversible : impossible de revenir à l’IR une fois l’IS choisi.
  • Double imposition : les bénéfices sont d’abord taxés à l’IS, puis les dividendes à 31,4 % de flat tax.
  • Fiscalité de sortie pénalisante : aucun abattement pour durée de détention sur les plus-values, et réintégration des amortissements dans le calcul.
  • Coûts de gestion élevés : comptabilité commerciale obligatoire, frais d’expert-comptable à prévoir — au minimum 1 500 € par an.

Le point décisif : la fiscalité des plus-values à la revente

C’est souvent le critère qui fait basculer la décision — et le plus souvent sous-estimé au moment du choix initial.

En SCI à l’IR, la plus-value est calculée comme pour un particulier : prix de vente moins prix d’acquisition. Des abattements progressifs s’appliquent dès la 6e année de détention, aboutissant à une exonération totale d’IR après 22 ans et une exonération des prélèvements sociaux après 30 ans. Le taux brut avant abattement est de 19 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux = 36,2 %.

En SCI à l’IS, la plus-value est une plus-value professionnelle. Elle est calculée sur la valeur nette comptable du bien — c’est-à-dire le prix d’acquisition diminué de tous les amortissements pratiqués. Plus vous avez amorti, plus la valeur nette comptable est basse, et plus la plus-value taxable est élevée. Aucun abattement pour durée de détention n’est applicable, quelle que soit l’ancienneté du bien. La plus-value s’intègre au résultat imposable de la SCI et supporte le taux d’IS de 25 % — voire 15 % sur la fraction inférieure à 42 500 €.

La règle empirique : l’IS est globalement avantageux sur les horizons courts à moyens (moins de 20 ans). Au-delà — et surtout à partir de 22 ans — l’IR devient nettement supérieur grâce à l’exonération totale de la plus-value.

Comment passer de l’IR à l’IS en 2026 ?

L’option pour l’IS peut être exercée à la création de la SCI ou en cours de vie sociale. Dans les deux cas, la démarche est formelle et irréversible.

  1. Décision des associés : l’option doit être décidée à l’unanimité ou selon les modalités prévues dans les statuts.
  2. Notification à l’administration fiscale : l’option est notifiée au service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend la SCI, avant la clôture du premier exercice au titre duquel elle s’applique.
  3. Anticipez les conséquences fiscales immédiates : le passage à l’IS en cours de vie sociale entraîne les conséquences fiscales d’une cessation d’entreprise — imposition immédiate des bénéfices en sursis, des résultats non encore distribués et des plus-values latentes. Un droit spécial de mutation sur les apports purs et simples peut également être exigible.
  4. Mettez en place une comptabilité commerciale : bilan, compte de résultat, liasse fiscale 2065 — le recours à un expert-comptable devient quasi-indispensable.
  5. Préparez votre stratégie de distribution : définissez dès le départ si vous optez pour la flat tax ou le barème progressif sur les dividendes, selon votre situation personnelle.

Attention : un arrêt de la Cour Administrative d’Appel de Paris du 13 juin 2025 (CAA Paris, n° 24PA01196) rappelle que l’option pour l’IS n’a pas pour effet de modifier la nature civile de l’activité de la SCI. Certaines règles procédurales réservées aux entreprises commerciales ne s’appliquent donc pas automatiquement à une SCI ayant opté pour l’IS.

Cas particuliers

Cas d’une SCI qui fait de la location meublée

La location meublée est une activité commerciale au sens fiscal. Une SCI qui pratique la location meublée est automatiquement soumise à l’IS, sauf tolérance administrative dans certains cas marginaux. Si vous envisagez de louer vos biens en meublé via une SCI — pour optimiser votre revenu locatif ou vous adapter au marché — anticipez impérativement ce basculement forcé vers l’IS et ses conséquences sur la plus-value à long terme. Dans ce type de situation, la création d’une SARL de famille ou d’une structure LMNP directe peut être plus adaptée.

Cas d’une SCI familiale avec transmission en vue

Pour les SCI créées dans un objectif de transmission patrimoniale intergénérationnelle, le régime IR est généralement le plus cohérent. Il permet de combiner les avantages du démembrement de propriété (donation de la nue-propriété des parts aux enfants), les abattements fiscaux sur les donations, et la fiscalité favorable des plus-values à long terme. L’IS crée une complexité supplémentaire à la transmission et peut générer une imposition élevée si les héritiers souhaitent céder les biens hérités.

Cas d’une SCI avec associés mixtes (personne physique et société)

Lorsqu’une SCI comporte des associés de nature différente — par exemple un particulier et une société soumise à l’IS — une comptabilité différenciée est nécessaire. En cas de cession d’un immeuble ou de parts sociales par un associé personne physique, le régime des plus-values immobilières des particuliers s’applique à sa quote-part, même si la SCI est à l’IS. Ce cas de figure, fréquent dans les montages patrimoniaux complexes, nécessite un suivi rigoureux et l’accompagnement d’un conseiller spécialisé.

Cas d’une SCI détenant des parts de SCPI

Certains investisseurs créent une SCI à l’IS pour acquérir des parts de SCPI via des comptes courants d’associés, dans l’objectif de récupérer les dividendes sans imposition personnelle tant que le compte courant est négatif. Ce montage est techniquement possible mais doit être rigoureusement structuré pour éviter tout risque de requalification en abus de droit fiscal. Une analyse préalable par un professionnel est indispensable. Découvrez nos solutions d’investissement en SCPI.

Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine

La question « IR ou IS ? » ne se résume jamais à une comparaison de taux. C’est une décision stratégique qui engage votre SCI sur l’intégralité de son existence — et qui doit être cohérente avec trois variables fondamentales : votre TMI actuelle et future, votre horizon de détention, et votre objectif prioritaire (revenus immédiats, réinvestissement, transmission).

En synthèse, voici les situations où chaque régime s’impose naturellement :

  • SCI à l’IR recommandée si : vous prévoyez de détenir le bien plus de 15 à 20 ans, votre TMI est inférieure à 30 %, vous souhaitez transmettre le patrimoine à vos enfants, ou vous anticipez une plus-value importante à la revente.
  • SCI à l’IS recommandée si : votre TMI est de 41 % ou 45 %, vous souhaitez réinvestir les bénéfices sans fiscalité immédiate, votre horizon de détention est inférieur à 20 ans, ou vous souhaitez piloter finement votre rémunération via des dividendes.

Ce choix ne doit pas être fait isolément. Il s’inscrit dans une réflexion patrimoniale globale qui intègre votre fiscalité personnelle, votre régime matrimonial, vos projets de transmission et la structuration de vos autres actifs. Découvrez comment structurer une stratégie de valorisation patrimoniale sur mesure.

Prenez contact avec ACVM Patrimoine pour analyser votre situation et choisir le régime fiscal le plus adapté à votre SCI avant qu’il ne soit trop tard pour revenir en arrière.

Foire aux questions

Peut-on passer d’une SCI à l’IS à une SCI à l’IR en 2026 ?

Non. Le passage d’une SCI de l’IR à l’IS est irréversible en vertu des dispositions du Code général des impôts. Une fois l’option pour l’IS exercée — à la création ou en cours de vie sociale — il est impossible de revenir au régime de l’impôt sur le revenu, même si la situation patrimoniale ou fiscale des associés évolue de manière défavorable. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce choix doit impérativement être anticipé sur l’horizon complet de l’investissement, en tenant compte non seulement de la phase d’exploitation locative, mais aussi de la stratégie de sortie (revente du bien ou des parts). À l’inverse, une SCI à l’IR peut toujours décider d’opter pour l’IS à tout moment, sous réserve d’anticiper les conséquences fiscales immédiates de ce basculement, notamment l’imposition des bénéfices en sursis.

Quels sont les taux d’imposition d’une SCI à l’IS en 2026 ?

En 2026, une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés bénéficie d’un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice annuel, sous réserve que son chiffre d’affaires hors taxe soit inférieur à 10 millions d’euros et que son capital soit détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Au-delà de 42 500 € de bénéfice, le taux normal de 25 % s’applique. Lorsque la SCI distribue ses bénéfices à ses associés personnes physiques sous forme de dividendes, ces derniers supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur option, le barème progressif de l’IR peut s’appliquer avec un abattement de 40 % sur les dividendes bruts. La loi de finances pour 2026 a supprimé le caractère irrévocable de cette option annuelle.

Une SCI à l’IR peut-elle faire de la location meublée en 2026 ?

En principe, non. La location meublée est considérée comme une activité commerciale au sens fiscal, ce qui entraîne automatiquement l’assujettissement à l’IS de la SCI qui la pratique — indépendamment de tout choix des associés. L’administration fiscale fait preuve d’une certaine tolérance dans quelques cas marginaux, notamment lorsque les revenus de location meublée restent très accessoires par rapport aux revenus de location nue. Mais cette tolérance ne constitue pas un droit acquis et peut être remise en cause lors d’un contrôle fiscal. Si vous souhaitez louer des biens meublés tout en optimisant votre fiscalité personnelle, d’autres structures peuvent être plus adaptées : la SARL de famille, le statut LMNP en direct, ou une SCI à l’IS assumée dès le départ avec une stratégie de sortie anticipée.

Quelle est la différence entre la plus-value d’une SCI à l’IR et d’une SCI à l’IS en 2026 ?

La différence est fondamentale. En SCI à l’IR, la plus-value est calculée selon le régime des particuliers : prix de vente moins prix d’acquisition, avec des abattements progressifs pour durée de détention dès la 6e année. L’exonération totale d’IR est atteinte après 22 ans, et l’exonération des prélèvements sociaux après 30 ans. En SCI à l’IS, la plus-value est une plus-value professionnelle : elle est calculée sur la valeur nette comptable du bien, diminuée de tous les amortissements pratiqués depuis l’acquisition. Plus la SCI a amorti, plus la valeur nette comptable est basse et plus la plus-value taxable est élevée. Aucun abattement pour durée de détention n’est applicable, quelle que soit l’ancienneté du bien. La plus-value est intégrée au résultat imposable de la SCI et taxée au taux d’IS de 25 % (ou 15 % sur la tranche inférieure à 42 500 €).

SCI à l’IR ou à l’IS : laquelle est la meilleure pour une SCI familiale en 2026 ?

Pour une SCI familiale créée dans un objectif de transmission patrimoniale, le régime IR est généralement le plus cohérent. Il permet de combiner les avantages du démembrement de propriété (donation de la nue-propriété des parts aux enfants avec abattements fiscaux), la simplicité de gestion, et la fiscalité très favorable des plus-values à long terme — notamment l’exonération totale après 22 ans de détention. Le régime IS peut néanmoins être pertinent dans une SCI familiale si les associés parents sont à TMI élevée et souhaitent capitaliser les revenus dans la société pour les réinvestir, sans distribution immédiate. Dans ce cas, la stratégie de transmission devra s’adapter : cession de parts sociales plutôt que cession de bien, avec une fiscalité des plus-values mobilières à anticiper. En tout état de cause, chaque situation familiale étant unique, une analyse personnalisée avec un conseiller en gestion de patrimoine reste indispensable.

En résumé

  • IR par défaut, IS sur option irréversible : toute SCI est soumise à l’IR par défaut (art. 8 CGI). L’option pour l’IS est définitive — impossible de faire marche arrière.
  • L’IS réduit la fiscalité en phase d’exploitation : taux de 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 %, amortissement sur 30 à 40 ans, bénéfices non distribués non imposés personnellement.
  • L’IR protège la sortie à long terme : exonération totale de la plus-value d’IR après 22 ans de détention — avantage décisif que l’IS ne peut jamais offrir.
  • La double imposition de l’IS pénalise la distribution : IS + flat tax à 31,4 % sur les dividendes peut représenter un taux global effectif supérieur à celui de l’IR pour les TMI modérées.
  • L’IS coûte plus cher à gérer : comptabilité commerciale obligatoire, minimum 1 500 € de frais annuels incompressibles.
  • À retenir : l’IR est supérieur pour les projets de long terme et de transmission ; l’IS est plus efficace pour les TMI élevées et les stratégies de réinvestissement à horizon court ou moyen.
  • Notre conseil : ne choisissez jamais le régime fiscal de votre SCI sans avoir modélisé les deux scénarios sur l’ensemble de l’horizon de détention prévu — le choix initial peut coûter ou faire gagner plusieurs dizaines de milliers d’euros à la sortie.

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Le choix entre SCI à l’IR et SCI à l’IS est l’une des décisions fiscales les plus structurantes de votre stratégie patrimoniale — et l’une des plus difficiles à corriger une fois prise. Votre TMI, votre horizon de détention, vos objectifs de transmission et la nature de vos biens peuvent radicalement modifier la stratégie optimale.

ACVM Patrimoine vous propose un bilan patrimonial complet pour modéliser les deux scénarios IR / IS sur l’intégralité de votre horizon d’investissement, identifier le régime le plus adapté à votre situation personnelle et sécuriser cette décision irréversible avant qu’il ne soit trop tard.

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