Laisser sa trésorerie d’entreprise dormir sur un compte courant en 2026, c’est accepter une perte de pouvoir d’achat alors que les alternatives rapportent entre 2 % et 5 %+ annuels. BCE maintient son taux de dépôt à 2 % depuis juin 2025 (confirmé mars 2026) : comptes à terme professionnels à 2-3,5 %, fonds monétaires LVNAV à 1,8-2,2 % net, contrats de capitalisation IS avec fonds euros et SCPI (4,91 % de distribution moyenne en 2025), produits structurés à capital protégé. Tous les revenus sont soumis à l’IS — mais le contrat de capitalisation offre un report d’imposition via la base forfaitaire (art. 238 septies E CGI). Guide complet, comparatif et stratégie par horizon.
Par l’équipe ACVM Patrimoine — Conseillers en gestion de patrimoine
Publié le 18 mai 2026 — Mis à jour le 18 mai 2026
Temps de lecture estimé : 9 minutes
Trésorerie entreprise 2026 | Compte à terme | Fonds monétaires | Capital protégé | Contrat de capitalisation | Placements sécurisés | Dirigeant
Dans cet article :
- Pourquoi placer la trésorerie de son entreprise en 2026 ?
- La méthode : segmenter par horizon avant de choisir
- Court terme (0-12 mois) : compte à terme et fonds monétaires
- Moyen terme (1-5 ans) : contrat de capitalisation et produits structurés
- Long terme (5 ans+) : SCPI, private equity et fonds datés
- La fiscalité IS des placements de trésorerie en 2026
- Tableau comparatif des placements de trésorerie 2026
- Exemples chiffrés selon la taille de la trésorerie
- Les risques et erreurs à éviter
- Cas particuliers
- Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine
- Foire aux questions
- En résumé
Pourquoi placer la trésorerie de son entreprise en 2026 ?
De nombreux dirigeants laissent des centaines de milliers d’euros — parfois plusieurs millions — stagner sur le compte courant de leur société, par habitude, par manque de temps ou parce qu’aucune politique interne n’a formalisé qui peut placer, sur quelle durée et avec quel niveau de risque. Depuis juin 2025, la Banque centrale européenne maintient son taux de dépôt à 2,00 %, statu quo confirmé en mars 2026, et cette nouvelle réalité de taux change tout le calcul.
Concrètement, une entreprise disposant de 500 000 € de trésorerie excédentaire qui les laisse sur un compte courant non rémunéré perd chaque année l’opportunité de générer entre 9 000 € et 25 000 € de revenus financiers selon le support choisi — soit entre 6 750 € et 18 750 € nets d’IS à 25 %. Sur 5 ans, la somme est considérable.
Chaque euro laissé improductif sur un compte courant est un euro qui travaille pour la banque plutôt que pour votre entreprise. En 2026, avec des rendements monétaires de 3 % et plus, cette perte d’opportunité est difficilement justifiable.
Placer la trésorerie d’entreprise n’est cependant pas un acte anodin. Cela requiert une analyse rigoureuse des flux prévisionnels, une définition claire des horizons de placement et une compréhension de la fiscalité IS applicable. Notre page accompagnement du chef d’entreprise présente l’ensemble de nos solutions pour les dirigeants.
La méthode : segmenter par horizon avant de choisir
Avant de sélectionner le moindre support de placement, il est impératif de segmenter la trésorerie disponible en trois catégories selon l’horizon d’utilisation prévisible :
Poche 1 — Trésorerie opérationnelle (disponible à tout moment)
Il s’agit du fonds de roulement nécessaire au fonctionnement courant : charges fixes, salaires, TVA, fournisseurs, imprévus à court terme. Cette poche ne doit jamais être immobilisée sur un support bloquant. Elle reste sur un compte courant rémunéré ou sur un fonds monétaire à liquidité quotidienne. Taille recommandée : l’équivalent de 2 à 3 mois de charges fixes.
Poche 2 — Trésorerie tactique (3 à 12 mois)
Cette poche correspond aux liquidités destinées à des dépenses prévisibles mais pas immédiates : investissement programmé, prime annuelle, IS à payer, échéance de crédit, projet de recrutement. Elle peut être immobilisée quelques mois pour capturer un rendement légèrement supérieur — compte à terme 6-12 mois ou fonds obligataires court terme.
Poche 3 — Trésorerie stratégique (1 an et plus)
Il s’agit de la trésorerie excédentaire structurelle — bénéfices non distribués accumulés, provisions de long terme, réserves non affectées. Cette poche peut être placée sur des supports à durée plus longue (contrat de capitalisation, produits structurés, SCPI) pour viser des rendements supérieurs. C’est sur cette poche que les opportunités de performance sont les plus significatives.
Les entreprises doivent d’abord analyser leurs besoins et effectuer des prévisions de trésorerie précises sur deux horizons distincts : les 13 prochaines semaines pour anticiper les besoins immédiats, et les 12 prochains mois pour identifier les excédents stables.
Court terme (0-12 mois) : compte à terme et fonds monétaires
Le compte à terme professionnel (CAT)
Le compte à terme reste l’instrument classique de gestion de trésorerie court terme. Le compte à terme offre un rendement connu à l’avance, idéal pour la sécurité financière. Le taux moyen oscille entre 3 % et 3,5 % brut sur 12 mois. Capital garanti (couvert par le Fonds de Garantie des Dépôts — FGDR — à hauteur de 100 000 € par établissement), taux fixé contractuellement dès la souscription, durées de 3 à 24 mois selon les établissements.
Les acteurs spécialisés proposent des taux compétitifs : Cashbee Pro et Trezo à environ 2,15 % brut sur 12 mois en mars 2026, Swaive jusqu’à 2,75 % selon les conditions. Les banques traditionnelles proposent généralement des taux moins attractifs — la négociation est indispensable pour les montants importants.
Limite principale : les fonds sont bloqués pendant toute la durée choisie. Une sortie anticipée peut générer des pénalités ou une perte des intérêts courus. Ne jamais immobiliser sur un CAT des liquidités susceptibles d’être nécessaires avant l’échéance.
Au-delà de 100 000 € : diversifiez sur plusieurs établissements pour bénéficier de la couverture FGDR (100 000 € par établissement et par déposant). Au-delà de 100 000 € par contrepartie, diversifiez sur plusieurs banques avant d’optimiser le rendement.
Les fonds monétaires LVNAV (OPCVM monétaires)
Les fonds monétaires sont idéaux pour la poche de trésorerie tampon qui doit rester disponible à tout moment avec un rendement légèrement supérieur au compte courant. Pour la trésorerie d’entreprise, c’est la catégorie LVNAV (Low Volatility Net Asset Value) qui domine en pratique — elle offre une valeur liquidative ancrée à 1 euro et une liquidité quotidienne en T+1. Les rendements 2026 convergent vers l’€STR, soit une fourchette nette de 1,8 % à 2,2 % avec une BCE maintenant son taux de dépôt à 2,00 % depuis juin 2025.
Les acteurs de référence sont Amundi (Amundi 3 M, Amundi Cash Institutions), BNP Paribas AM (BNP Paribas Cash Invest), Axa IM (Axa Trésor Court Terme), avec des TFE de 0,05 % à 0,30 % sur les parts institutionnelles. Spiko, agréée AMF en 2024, propose des fonds monétaires tokenisés sur blockchain.
Avantages : liquidité quotidienne, diversification automatique des contreparties, rendement lié à l’évolution des taux directeurs. Limites : rendement inférieur au CAT, non couvert par le FGDR (mais investi en bons du Trésor très sécurisés).
Le livret d’épargne entreprise (LEE)
Solution la plus liquide mais aux rendements les plus modestes. Les comptes pro rémunérés de néobanques (Qonto, Revolut, Vivid) proposent des taux de 1 % à 2 % avec une liquidité immédiate. Utile pour la poche opérationnelle de précaution, insuffisant pour les excédents structurels.
Moyen terme (1-5 ans) : contrat de capitalisation et produits structurés
Le contrat de capitalisation IS — l’outil patrimonial par excellence
Le contrat de capitalisation est l’équivalent de l’assurance-vie pour les personnes morales. Il peut être souscrit par une société soumise à l’IS (SAS, SARL, SA, holding) et permet de loger une large gamme de supports : fonds euros (capital garanti, rendement 2,5-3,5 %), unités de compte (ETF, SCPI, produits structurés, fonds diversifiés).
Son avantage fiscal décisif : le report d’imposition. Le contrat de capitalisation IS lisse l’IS via la base forfaitaire art. 238 septies E CGI. Concrètement, au lieu d’être taxée chaque année sur les revenus réels générés par les unités de compte (dividendes, plus-values latentes), la société n’est imposée que sur une base forfaitaire annuelle égale à 105 % du taux moyen des emprunts d’État (TMO), appliquée à la valeur du contrat au 1er janvier. En 2026, cette base forfaitaire est nettement inférieure aux rendements réels des unités de compte performantes — ce qui crée un différentiel favorable de report d’imposition.
Exemple : une société souscrit un contrat de capitalisation de 500 000 € avec 50 % en fonds euros (rendement réel 3 %) et 50 % en SCPI (rendement réel 5 %). Rendement total estimé : 20 000 €/an. Base forfaitaire IS : 105 % × TMO × 500 000 € ≈ beaucoup plus faible que les 20 000 € réels. L’IS annuel est donc calculé sur cette base réduite — le surplus est imposé uniquement lors du rachat.
Découvrez notre page contrat de capitalisation pour explorer les solutions disponibles.
Les produits structurés à capital protégé ou garanti
Les produits structurés à capital protégé constituent une alternative intéressante au fonds euros pour la trésorerie moyen terme. Avec des barrières de protection à −30 % à −50 % et des rendements conditionnels de 4 à 8 %/an, ils offrent un potentiel de performance supérieur au CAT ou au fonds euros pour les entreprises acceptant un risque conditionnel limité. Logés dans un contrat de capitalisation IS, ils bénéficient du report d’imposition forfaitaire — optimisant encore davantage la fiscalité. Consultez notre article sur les produits structurés 2026 pour comprendre les mécanismes.
Les fonds datés Investment Grade
Les fonds datés sont des OPCVM obligataires qui investissent dans des obligations d’entreprises notées Investment Grade (IG), avec une date d’échéance prédéfinie. Les fonds datés investment grade à 4-6 % de YTM brut complètent utilement le moyen terme. À l’échéance du fonds, vous récupérez le capital augmenté des coupons accumulés. Ce rendement est plus attractif que le CAT ou le fonds euros, avec un risque légèrement supérieur (risque de défaut sur les émetteurs IG, risque de taux si rachat anticipé).
Long terme (5 ans+) : SCPI, private equity et fonds datés
Les SCPI via le contrat de capitalisation
Pour la trésorerie excédentaire structurelle (bénéfices non distribués accumulés, réserves de long terme), les SCPI logées dans un contrat de capitalisation IS constituent l’allocation de référence. Le contrat lisse l’IS via la base forfaitaire 105 % × TMO, et les SCPI ont distribué 4,91 % en 2025 selon l’ASPIM. La société perçoit des revenus fonciers réguliers tout en différant une partie de l’IS grâce au mécanisme forfaitaire du contrat. Un profil SCPI en usufruit temporaire peut également être envisagé pour optimiser la fiscalité de l’investissement via l’amortissement de l’usufruit.
Le private equity et la dette privée
La dette privée et le private equity immobilier figurent parmi les placements les plus performants pour une trésorerie d’entreprise, avec des objectifs de rendement généralement compris entre 6 % et 15 % selon les stratégies sélectionnées. En contrepartie, ces solutions impliquent une durée d’investissement plus longue et une liquidité plus limitée. Ces supports s’adressent aux holdings et ETI disposant d’excédents structurels importants (généralement plus d’1 M€) avec un horizon de 5 à 10 ans. Découvrez notre page private equity pour les solutions disponibles.
Les ETF et le compte-titres ordinaire (CTO)
Pour les entreprises disposant d’une trésorerie excédentaire durable et d’une tolérance au risque élevée, les ETF d’actions ou obligataires via un compte-titres ordinaire (CTO) permettent d’exposer une fraction de la trésorerie aux marchés financiers avec des frais très réduits. Cette poche « dynamique » vise un rendement long terme de 7 à 10 %/an historiquement, mais avec une volatilité significative incompatible avec des besoins de trésorerie à court ou moyen terme.
La fiscalité IS des placements de trésorerie en 2026
C’est le point crucial que beaucoup de dirigeants sous-estiment. Les revenus générés par les placements de trésorerie d’une société sont systématiquement soumis à l’Impôt sur les Sociétés (IS) selon les règles suivantes :
| Type de revenu | Régime fiscal IS | Taux IS applicable |
|---|---|---|
| Intérêts (CAT, fonds monétaires, obligations) | Produits de placement à revenu fixe — intégrés au résultat fiscal | 25 % (ou 15 % PME sous plafond) |
| Dividendes d’OPCVM ou de SCPI | Revenus de capitaux mobiliers — intégrés au résultat fiscal | 25 % (ou 15 % PME sous plafond) |
| Plus-values sur cession d’actifs (CTO, SCPI) | Plus-values de cession — intégrées au résultat fiscal de l’exercice | 25 % (ou 15 % PME sous plafond) |
| Gains sur contrat de capitalisation IS | Base forfaitaire annuelle (art. 238 septies E CGI) : 105 % × TMO × valeur du contrat | 25 % sur la base forfaitaire seulement |
L’avantage décisif du contrat de capitalisation : la base forfaitaire de l’art. 238 septies E CGI est souvent très inférieure aux rendements réels des unités de compte performantes. Une SCPI distribuant 5 %/an dans un contrat de capitalisation génère un IS annuel sur la base forfaitaire — bien inférieur à 5 % × 500 000 € × 25 % = 6 250 €. Le surplus est reporté à la sortie du contrat (rachat), permettant une capitalisation plus efficace des intérêts.
Taux IS PME : les PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 10 M€ bénéficient d’un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice annuel. Au-delà, le taux normal de 25 % s’applique. Ce taux réduit s’applique également aux revenus des placements de trésorerie dans la limite du plafond.
Tableau comparatif des placements de trésorerie 2026
| Support | Rendement brut 2026 | Liquidité | Risque | Horizon idéal |
|---|---|---|---|---|
| Compte courant rémunéré | 1 % à 2 % | Immédiate | Nul | Opérationnel |
| Fonds monétaire LVNAV | 1,8 % à 2,2 % net | Quotidienne (T+1) | Très faible | 0-3 mois |
| Compte à terme (CAT) | 2 % à 3,5 % | Bloqué à l’échéance | Nul (FGDR) | 3-24 mois |
| Fonds daté IG | 4 % à 6 % YTM | Faible avant échéance | Faible à modéré | 1-4 ans |
| Contrat de capitalisation (fonds euros) | 2,5 % à 3,5 % | Bonne (quelques jours) | Faible | 2-10 ans |
| Produits structurés (capital protégé) | 4 % à 8 % conditionnel | Limitée (marché secondaire) | Modéré (barrière) | 2-8 ans |
| SCPI (contrat de capitalisation) | 4,5 % à 5,5 % | Limitée (délai revente) | Modéré | 5-15 ans |
| Private equity / dette privée | 6 % à 15 % | Très faible | Élevé | 5-10 ans |
Exemples chiffrés selon la taille de la trésorerie
Exemple 1 — PME avec 200 000 € de trésorerie excédentaire
Situation : Directrice d’une PME de services à Lyon, 200 000 € de trésorerie excédentaire sans projet d’investissement à court terme. IS à 25 %.
Allocation proposée :
- 60 000 € sur compte à terme 12 mois à 3 % brut (IS inclus net ≈ 2,25 %) → 1 350 € nets d’IS
- 80 000 € sur fonds monétaire LVNAV (2 % brut, liquidité quotidienne) → 1 200 € nets d’IS
- 60 000 € sur contrat de capitalisation IS (fonds euros 3 %) → revenus IS différés via base forfaitaire
Revenus nets IS estimés : 2 550 €/an — contre 0 € sur compte courant.
Exemple 2 — ETI avec 2 000 000 € de trésorerie structurelle
Situation : Dirigeant d’une ETI industrielle, 2 M€ de trésorerie excédentaire structurelle constituée de bénéfices non distribués sur 5 ans. Horizon d’utilisation : 5-10 ans. IS à 25 %.
Allocation proposée :
- 400 000 € sur fonds monétaire (liquidité opérationnelle) → ~8 000 €/an bruts
- 600 000 € sur CAT 12 mois renouvelables à 3 % → ~18 000 €/an bruts
- 600 000 € sur contrat de capitalisation IS avec SCPI (4,91 %) + fonds euros → IS différé via base forfaitaire
- 400 000 € sur produits structurés à capital protégé (rendement cible 5-7 %) → potentiel de 20 000-28 000 €/an conditionnels
Revenus bruts estimés totaux : 70 000 à 90 000 €/an — contre 0 € sur compte courant.
Exemple 3 — Start-up tech avec 500 000 € post-levée de fonds
Situation : Co-fondateur d’une start-up tech ayant levé 1 M€. 500 000 € de trésorerie post-opérationnel disponible sur 18 mois avant un prochain besoin de déploiement.
Allocation recommandée : 70 % fonds monétaire LVNAV (350 000 €) + 30 % CAT 6 mois renouvelables (150 000 €). Liquidité préservée à 70 %, rendement brut estimé sur 18 mois : 350 000 × 2 % × 1,5 + 150 000 × 3 % × 1,5 = 10 500 + 6 750 = 17 250 € bruts.
Conclusion : Pour une start-up dont la trésorerie doit rester mobilisable rapidement, la priorité est la liquidité. Les supports monétaires et CAT court terme sont les seuls adaptés — pas de contrat de capitalisation ni de SCPI sur cet horizon.
Les risques et erreurs à éviter
- Immobiliser la trésorerie opérationnelle : confondre trésorerie de fonctionnement et trésorerie excédentaire est l’erreur la plus fréquente et la plus dangereuse. Bloquer sur un CAT des liquidités nécessaires au BFR peut mettre en péril la solvabilité de l’entreprise en cas d’imprévu.
- Ne pas diversifier au-delà de 100 000 € par établissement : la garantie FGDR est plafonnée à 100 000 € par établissement et par déposant. Au-delà, les liquidités ne sont pas couvertes en cas de défaillance bancaire. Diversifiez sur plusieurs établissements pour les montants importants.
- Négliger la fiscalité IS dans le calcul du rendement net : un CAT à 3 % brut ne rapporte que 2,25 % net d’IS à 25 %. Comparez toujours les rendements nets d’IS entre les supports pour identifier le plus performant en valeur réelle.
- Choisir un support illiquide pour une trésorerie tactique : un produit structuré de 5 ans ou un contrat de capitalisation sont inappropriés pour une trésorerie qui sera nécessaire dans 8 mois. L’adéquation entre l’horizon du placement et l’horizon de besoin est absolument non négociable.
- Concentrer sur un seul support ou une seule contrepartie : quelle que soit la qualité apparente d’un placement, la diversification réduit le risque de contrepartie, de taux et de liquidité. Une allocation sur 3 à 5 supports distincts est recommandée dès que les montants dépassent 200 000 €.
- Oublier de formaliser une politique de placement : dans les sociétés avec plusieurs associés ou un comité de direction, l’absence de politique formalisée (qui peut placer quoi, sur quel horizon, avec quel niveau de risque) peut générer des conflits et des décisions sous-optimales. Une charte de placement interne est recommandée.
Cas particuliers
Cas d’une holding patrimoniale avec des excédents structurels
Les holdings patrimoniales disposant de dividendes remontés de la filiale opérationnelle (sous régime mère-fille — exonération à 95 % des dividendes) constituent le profil le plus favorable pour une stratégie de trésorerie ambitieuse. Créer une holding permet de faire remonter les fonds via le régime mère-fille sans imposition lourde. Cette trésorerie peut ensuite être réinvestie dans l’immobilier ou le rachat d’entreprises, optimisant ainsi la fiscalité globale. La holding peut loger un contrat de capitalisation IS avec SCPI, des fonds datés et des produits structurés sans impact sur la trésorerie opérationnelle de la filiale.
Cas d’une trésorerie liée à un projet d’acquisition
Si la trésorerie est destinée à financer une acquisition d’entreprise ou d’actifs immobiliers dans les 2 à 3 prochaines années, la priorité est la sécurité et la liquidité rapide. Les CAT à 6-12 mois renouvelables ou les fonds monétaires sont les supports les plus adaptés. Les produits structurés ou les contrats de capitalisation sont à éviter si l’horizon de sortie est incertain — les pénalités de rachat anticipé ou les délais de règlement peuvent compromettre le calendrier de l’acquisition.
Cas de la SCPI en usufruit temporaire dans un contrat de capitalisation IS
Une stratégie avancée consiste à acquérir l’usufruit temporaire de parts de SCPI via un contrat de capitalisation IS. L’entreprise achète uniquement l’usufruit — droit de percevoir les loyers pendant une durée déterminée (5 à 15 ans) — avec une décote de 20 à 40 % par rapport à la pleine propriété. Les loyers perçus sont imposés à l’IS mais la valeur de l’usufruit s’amortit chaque année, créant une charge déductible qui réduit l’assiette IS effective. Cette stratégie est complexe et requiert un accompagnement professionnel — notre page SCPI et notre page nue-propriété détaillent ces mécanismes.
Cas d’une société à l’IR (SCI, SNC, entreprise individuelle)
Pour les sociétés soumises à l’IR (et non à l’IS), les revenus des placements de trésorerie sont imposés directement au niveau des associés selon la nature des revenus (revenus fonciers, RCM, plus-values mobilières). Le contrat de capitalisation IS n’est pas accessible — les associés personnes physiques peuvent en revanche utiliser une assurance-vie ou un PER pour optimiser leur épargne personnelle générée par l’activité.
Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine
La gestion de trésorerie d’entreprise est l’un des sujets patrimoniaux les plus sous-exploités par les dirigeants de PME et ETI. Alors que les particuliers optimisent leurs placements personnels, les excédents de leur société restent souvent à l’abandon sur des comptes courants non rémunérés.
Notre approche pour les dirigeants en 2026 s’articule autour de trois principes :
- Segmentez d’abord, placez ensuite : la cartographie de votre trésorerie (opérationnelle / tactique / stratégique) est le préalable incontournable. Placer sans avoir segmenté, c’est risquer de bloquer des liquidités dont vous avez besoin.
- Utilisez le contrat de capitalisation IS pour les excédents stables : c’est le seul support permettant un report d’imposition sur les revenus de trésorerie — un avantage fiscal significatif sur 5 à 10 ans pour les entreprises à IS 25 %.
- Coordonnez trésorerie professionnelle et patrimoine personnel : la stratégie de placement de la société doit être cohérente avec la stratégie de rémunération personnelle du dirigeant (dividendes vs salaire, apport-cession si cession en vue). Notre page accompagnement du chef d’entreprise présente cette coordination globale.
Découvrez nos stratégies de valorisation patrimoniale pour les entreprises ou prenez rendez-vous avec ACVM Patrimoine pour un audit complet de votre trésorerie professionnelle et la mise en place d’une stratégie de placement adaptée.
Foire aux questions
Quel est le meilleur placement pour la trésorerie d’une entreprise en 2026 ?
Il n’existe pas de « meilleur placement » universel pour la trésorerie d’entreprise — tout dépend de l’horizon d’utilisation et du niveau de risque acceptable. Pour la trésorerie opérationnelle (disponible à tout moment), le fonds monétaire LVNAV (1,8-2,2 % net, liquidité quotidienne) ou le compte rémunéré de néobanque (1-2 %) sont les supports adaptés. Pour la trésorerie tactique (3-12 mois), le compte à terme professionnel offre un rendement brut de 2 % à 3,5 % avec un capital garanti par le FGDR jusqu’à 100 000 € par établissement. Pour la trésorerie stratégique (1 an et plus), le contrat de capitalisation IS combinant fonds euros (2,5-3,5 %) et SCPI (4,5-5,5 %) est l’allocation de référence, grâce à l’avantage fiscal du report d’imposition via la base forfaitaire de l’art. 238 septies E CGI. La règle d’or : ne jamais immobiliser sur un support bloquant des liquidités dont vous pourriez avoir besoin avant l’échéance.
Comment fonctionne le contrat de capitalisation pour une société IS en 2026 ?
Le contrat de capitalisation est l’équivalent de l’assurance-vie pour les personnes morales soumises à l’IS. Il peut être souscrit par toute société à l’IS (SAS, SARL, SA, holding) et permet de loger des fonds euros (capital garanti, rendement 2,5-3,5 %), des SCPI, des ETF et des produits structurés. Son avantage fiscal décisif est le mécanisme de la base forfaitaire prévu par l’article 238 septies E du CGI : chaque année, la société n’est imposée à l’IS que sur une base égale à 105 % du taux moyen des emprunts d’État (TMO) appliqué à la valeur du contrat au 1er janvier — et non sur les revenus réels générés par les unités de compte. Ce mécanisme de report d’imposition permet aux revenus de capitaliser plus efficacement dans le contrat, l’IS résiduel étant dû uniquement lors du rachat. Pour une société à IS 25 % disposant d’une trésorerie stable sur 5 à 10 ans, le contrat de capitalisation IS est généralement le support le plus performant en rendement net d’IS.
Les placements de trésorerie d’entreprise sont-ils soumis à l’IS en 2026 ?
Oui, sans exception. Tous les revenus générés par les placements de trésorerie d’une société soumise à l’IS — intérêts, dividendes, plus-values — intègrent le résultat fiscal de l’exercice et sont soumis à l’IS au taux applicable : 25 % en taux normal, ou 15 % pour les PME sur les premiers 42 500 € de bénéfice annuel (sous conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital). Il n’existe pas d’enveloppe défiscalisante pour les personnes morales équivalente au PEA ou à l’assurance-vie des particuliers. Le seul mécanisme permettant un report d’imposition sur les revenus de placement est le contrat de capitalisation IS, qui applique la base forfaitaire de l’art. 238 septies E CGI — souvent nettement inférieure aux revenus réels, notamment sur les unités de compte performantes. Ce point est souvent méconnu et constitue l’argument principal pour privilégier le contrat de capitalisation aux autres supports pour la trésorerie stable à moyen et long terme.
Quel est le taux d’un compte à terme pour une entreprise en 2026 ?
En 2026, avec la BCE maintenant son taux de dépôt à 2,00 % depuis juin 2025 (confirmé en mars 2026), les comptes à terme professionnels proposent des taux bruts variables selon la durée choisie. Pour les durées courtes (3-6 mois), les taux se situent généralement entre 1,8 % et 2,5 % brut. Pour les durées de 6 à 12 mois, les taux oscillent entre 2 % et 3 % brut selon les établissements. Les durées de 12 à 24 mois peuvent atteindre 3 % à 3,5 % brut chez les acteurs les plus compétitifs (Cashbee Pro, Trezo, Swaive, Memo Bank). Les banques traditionnelles proposent souvent des taux moins attractifs — la négociation est recommandée pour les montants importants. À ces taux bruts, il faut déduire l’IS (25 % ou 15 % PME) pour obtenir le rendement net effectif : un CAT à 3 % brut génère 2,25 % net d’IS à 25 %. Le capital est garanti par le FGDR jusqu’à 100 000 € par établissement — au-delà, diversifiez sur plusieurs banques.
Peut-on investir la trésorerie d’une entreprise en SCPI en 2026 ?
Oui, et c’est une stratégie fréquente pour les entreprises disposant d’excédents structurels à horizon 5 ans minimum. Les SCPI ont distribué en moyenne 4,91 % en 2025 selon l’ASPIM — un rendement nettement supérieur aux comptes à terme ou aux fonds monétaires. L’investissement en SCPI depuis une société IS peut se faire de deux manières. En pleine propriété directe : les loyers distribués sont soumis à l’IS chaque année. Via un contrat de capitalisation IS : les revenus SCPI capitalisent dans le contrat avec une imposition IS différée via la base forfaitaire art. 238 septies E CGI — c’est la modalité la plus efficace fiscalement. Une troisième option avancée est l’acquisition de l’usufruit temporaire de parts de SCPI : la société perçoit les loyers, amortit comptablement l’usufruit (charge déductible) et récupère le nu-propriétaire la pleine propriété à l’échéance. Ce montage nécessite un accompagnement par un CGP et un expert-comptable.
En résumé
- La segmentation est la première étape : trésorerie opérationnelle (immédiate), tactique (3-12 mois) et stratégique (1 an+) — chaque poche appelle des supports distincts.
- BCE à 2 % depuis juin 2025 : CAT à 2-3,5 % brut, fonds monétaires LVNAV à 1,8-2,2 % net, contrat de capitalisation avec SCPI à 4,5-5,5 %.
- Le contrat de capitalisation IS est l’outil patrimonial de référence : report d’imposition via base forfaitaire art. 238 septies E CGI, accès aux fonds euros, SCPI, ETF et produits structurés dans une même enveloppe.
- Tous les revenus sont soumis à l’IS : calculez toujours le rendement net d’IS (25 % ou 15 % PME) pour comparer les supports sur une base homogène.
- FGDR à 100 000 €/établissement : au-delà, diversifiez sur plusieurs banques pour les CAT et comptes rémunérés.
- À retenir : 500 000 € de trésorerie excédentaire placés à 3 % net d’IS génèrent 15 000 €/an — contre 0 € sur compte courant. L’inaction a un coût réel et mesurable.
- Notre conseil : commencez par cartographier vos flux sur 13 semaines et 12 mois pour identifier précisément votre trésorerie excédentaire, puis bâtissez une stratégie à 3 étages avec l’aide d’un CGP et de votre expert-comptable.
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Optimisez la trésorerie de votre entreprise avec ACVM Patrimoine
Placer la trésorerie de votre société n’est pas une décision anodine. Elle requiert une analyse rigoureuse de vos flux prévisionnels, une compréhension claire de la fiscalité IS applicable, et une coordination avec votre expert-comptable pour s’assurer que les placements choisis sont cohérents avec votre stratégie de rémunération personnelle et vos projets de développement.
ACVM Patrimoine vous propose un bilan patrimonial complet pour cartographier votre trésorerie par horizon, identifier les supports les plus adaptés à chaque poche, calculer le rendement net d’IS de chaque option et mettre en place une stratégie de placement cohérente avec votre situation personnelle et celle de votre société.

