Pour un professeur, la retraite est une échéance connue et la pension de fonctionnaire apporte une vraie sécurité. Mais le passage à la retraite s’accompagne souvent d’une baisse de revenus plus marquée qu’on ne le pense, car la pension se calcule sur le traitement indiciaire et non sur l’ensemble de la rémunération. Cet article explique pourquoi, propose une méthode pour chiffrer l’écart, et passe en revue les leviers patrimoniaux à actionner avant le départ. Les chiffres sont des exemples ; les règles de départ et de calcul se vérifient sur les sites officiels.

Par l’équipe ACVM Patrimoine — Conseillers en gestion de patrimoine indépendants
Publié le 17 octobre 2026 — Mis à jour le 17 octobre 2026
Temps de lecture estimé : 7 minutes

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Dans cet article :

  1. Pourquoi la baisse de revenus est réelle
  2. Un exemple chiffré
  3. Chiffrer son besoin de complément
  4. Les leviers avant le départ
  5. Les dépenses qui changent à la retraite
  6. La transmission et la protection de la famille
  7. Un calendrier sur 10 ans
  8. Les pièges à éviter
  9. Foire aux questions
  10. En résumé

Pourquoi la baisse de revenus est réelle

La pension civile d’un fonctionnaire à taux plein représente 75 % du traitement indiciaire brut des six derniers mois, avec une décote ou une surcote selon le nombre de trimestres validés. Les primes et indemnités n’entrent pas dans ce calcul : une retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) existe pour la fraction de primes soumise à cotisation, mais elle apporte un complément limité. L’âge de départ et la durée d’assurance requise dépendent de la génération et ont évolué ces dernières années : à vérifier sur le site officiel info-retraite.fr.

Un exemple chiffré

Hypothèse : un professeur dont le traitement indiciaire brut atteint 3 400 € par mois en fin de carrière et qui perçoit 400 € de primes et indemnités, soit 3 800 € bruts au total. Pension à taux plein : 75 % × 3 400 € = 2 550 € bruts, soit environ 67 % de la rémunération brute totale. Les charges propres au salarié actif disparaissent en partie (cotisations retraite, frais de transport), mais les dépenses de la vie courante ne baissent pas d’autant. L’écart à combler dépend du niveau de vie visé.

Chiffrer son besoin de complément

Méthode simple : (1) estimer les dépenses mensuelles à la retraite, (2) en retrancher la pension nette attendue (relevé de carrière et simulation officielle), (3) obtenir le complément mensuel à financer. Exemple : un complément de 500 € par mois représente 6 000 € par an. Le capital nécessaire dépend du rythme auquel on accepte de le consommer, qui dépend lui-même des rendements, de l’inflation et de la durée de la retraite. À titre purement arithmétique, avec un prélèvement annuel de 3 %, 4 % ou 5 % du capital, il faut respectivement 200 000 €, 150 000 € ou 120 000 €. Ces taux ne sont pas des garanties : plus le taux est élevé, plus le risque d’épuiser le capital augmente.

Les leviers avant le départ

  • PER : les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond lié aux revenus. À 30 % de taux marginal, un versement de 10 000 € économise environ 3 000 € d’impôt, au prix d’un blocage jusqu’à la retraite et de l’imposition des sommes sorties. À 11 % ou 0 %, l’intérêt est faible. Il existe aussi des dispositifs d’épargne retraite dédiés aux agents publics, à comparer avec un PER classique.
  • Assurance vie : capital disponible, fiscalité allégée après huit ans (abattement annuel de 4 600 € sur les gains, 9 200 € pour un couple, prélèvements sociaux de 17,2 %), bonne souplesse pour des rachats programmés. Voir assurance vie après 60 ans.
  • PEA : actions à long terme, avec une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans et des prélèvements sociaux de 18,6 % depuis 2026.
  • Immobilier : résidence principale payée, éventuellement un bien locatif. À évaluer selon le rendement net, les charges et la fiscalité.
  • Rachat de trimestres ou d’années d’études : possible dans certains cas, à chiffrer précisément auprès de l’organisme avant toute décision.

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Les dépenses qui changent à la retraite

  • Baisse : cotisations de la vie active, déplacements domicile-travail, souvent le remboursement d’un crédit immobilier.
  • Hausse possible : santé et complémentaire, loisirs et voyages au début de la retraite, aide aux enfants, éventuelle dépendance plus tard.
  • Imposition : la pension est imposable, avec un barème progressif sur l’ensemble des revenus.

La transmission et la protection de la famille

La retraite est aussi le moment de revoir la clause bénéficiaire de l’assurance vie, de faire le point sur la protection du conjoint et d’anticiper les donations. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Voir erreurs de clause bénéficiaire et transmettre son patrimoine.

Un calendrier sur 10 ans

  • 10 à 7 ans avant : relevé de carrière, première estimation de la pension, constitution d’une épargne régulière (PER, assurance vie, PEA).
  • 6 à 3 ans avant : chiffrage du besoin de complément, arbitrage entre enveloppes, remboursement de dettes.
  • 2 ans avant : demande de simulation officielle, choix du moment du départ, plan de rachats programmés.
  • Au départ : mise en place des revenus complémentaires et révision de la clause bénéficiaire.

Les pièges à éviter

  • Estimer sa retraite sur la rémunération totale au lieu du traitement indiciaire.
  • Verser sur un PER à un taux d’imposition trop bas pour que la déduction compte.
  • Immobiliser tout son capital en immobilier.
  • Retirer un capital trop vite en début de retraite.

Foire aux questions

Où trouver ma simulation officielle de pension ?

Sur le site officiel info-retraite.fr, à partir de votre compte, et auprès de votre service gestionnaire. Elle prend en compte votre carrière réelle.

Faut-il privilégier le PER ou l’assurance vie ?

Cela dépend du taux d’imposition, du besoin de liquidité et des objectifs de transmission. Les deux peuvent se compléter. Voir quelle enveloppe privilégier.

En résumé

  • La pension se calcule sur le traitement indiciaire : l’écart avec le dernier revenu est souvent sensible.
  • Chiffrer le besoin de complément mensuel, puis le capital nécessaire.
  • Leviers : PER (si le taux d’imposition le justifie), assurance vie, PEA, immobilier.
  • Préparer le calendrier dix ans avant et vérifier les règles sur les sites officiels.

Pour aller plus loin

Sources : info-retraite.fr, RAFP, Service-Public.fr, impots.gouv.fr, Bofip.

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