La SCI familiale est l’un des outils de transmission patrimoniale les plus puissants du droit français — à condition de l’utiliser correctement. Elle permet de transmettre progressivement un patrimoine immobilier à ses enfants (ou petits-enfants) en conservant le contrôle de la gestion, en optimisant la fiscalité successorale grâce aux abattements légaux, et en évitant l’indivision souvent source de conflits familiaux. Comment organiser une transmission progressive des parts de SCI à ses enfants tout en restant gérant et en conservant la maîtrise du patrimoine ? Ce guide présente en 2026 les mécanismes juridiques et fiscaux, les stratégies de démembrement, la gouvernance à mettre en place et les erreurs à éviter pour que la SCI familiale remplisse pleinement son rôle successoral.

Par l’équipe ACVM Patrimoine — Conseillers en gestion de patrimoine indépendants
Publié le 8 octobre 2026 — Mis à jour le 8 octobre 2026
Temps de lecture estimé : 9 minutes

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Dans cet article :

  1. Pourquoi utiliser une SCI familiale pour la transmission ?
  2. Le mécanisme de la SCI familiale comme vecteur de transmission
  3. Donation progressive des parts : les abattements légaux
  4. Le démembrement des parts de SCI : usufruit et nue-propriété
  5. La valeur des parts de SCI et la décote d’illiquidité
  6. SCI à l’IR vs SCI à l’IS : laquelle choisir pour la transmission ?
  7. La gouvernance de la SCI familiale : conserver le contrôle
  8. La stratégie du gérant non révocable
  9. Comment organiser les donations de parts concrètement
  10. La coordination avec les abattements légaux sur 15 ans
  11. SCI familiale et IFI : l’impact du démembrement
  12. Éviter l’indivision grâce à la SCI
  13. Les erreurs classiques à éviter
  14. Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine
  15. Foire aux questions
  16. En résumé

Pourquoi utiliser une SCI familiale pour la transmission ?

Les 5 avantages successoraux de la SCI familiale

  • Fragmentation du patrimoine immobilier : un immeuble ne peut pas être transmis « par morceaux » — une SCI, oui. Elle permet de transmettre progressivement des fractions du patrimoine immobilier via des donations de parts, en profitant des abattements légaux renouvelables tous les 15 ans (100 000 €/parent/enfant).
  • Évitement de l’indivision : en transmettant des parts de SCI plutôt que des fractions indivises de biens immobiliers, on évite l’indivision (qui nécessite l’unanimité pour toute décision importante — vente, travaux lourds, changement de locataire). La SCI est régie par ses statuts et par les décisions en assemblée générale selon les règles de majorité prévues.
  • Conservation du contrôle par les parents-gérants : les parents peuvent donner des parts de SCI à leurs enfants tout en restant gérants — donc en conservant le pouvoir de gestion quotidienne (location, travaux, comptabilité, signature des baux). Le gérant dispose des pouvoirs conférés par les statuts, indépendamment de sa quote-part en capital.
  • Décote sur les parts transmises : les parts de SCI transmises par donation ou succession peuvent bénéficier d’une décote d’illiquidité de 10-20 % sur leur valeur — ce qui réduit l’assiette des droits de donation ou de succession.
  • Démembrement croisé : les parents peuvent donner la nue-propriété des parts (valeur réduite) en conservant l’usufruit (et donc les revenus) — permettant une transmission encore plus efficace sur le plan fiscal.

Le mécanisme de la SCI familiale comme vecteur de transmission

La structure de base

  • La SCI est constituée par les parents (qui apportent le ou les biens immobiliers) et reçoivent en échange des parts sociales (ex : 200 parts de 1 000 € de valeur nominale = capital de 200 000 €). Les parents détiennent 100 % des parts à la constitution.
  • Au fil du temps, les parents donnent progressivement des parts à leurs enfants — donation-partage ou donation simple, dans les abattements légaux renouvelables tous les 15 ans. Après 15 ans de donations, les enfants peuvent détenir 50-80 % des parts, sans jamais avoir payé de droits de succession ni de donation (si les donations restent dans les abattements).
  • À la mort des parents, seules les parts restantes (non encore données) entrent dans la succession — avec les abattements légaux restants (100 000 €/parent/enfant) et le barème progressif des droits de succession sur l’excédent.

Un exemple chiffré

  • Parents âgés de 55 ans, immeuble locatif de 600 000 €, 2 enfants. SCI constituée avec 600 parts (valeur nominale 1 000 €/part). Parents donnent à leurs enfants en N, N+15, N+30 (si possible) :
  • N (parents 55 ans) : don de 200 parts (100/enfant) → valeur 200 000 € (avec décote 15 % → 170 000 €) → dans les abattements 2 × 100 000 € = 200 000 € → 0 € de droits
  • N+15 (parents 70 ans) : don de 200 parts supplémentaires (100/enfant) → même calcul → 0 € de droits (abattements renouvelés)
  • N+30 (parents 85 ans) : don des 200 parts restantes → 0 € de droits si dans les abattements
  • Résultat : immeuble de 600 000 € transmis en 3 étapes avec 0 € de droits de donation ou de succession — au lieu de droits successoraux importants si transmis en direct.

Donation progressive des parts : les abattements légaux

Les abattements légaux 2026

  • Abattement légal en ligne directe : 100 000 €/parent/enfant, renouvelable tous les 15 ans. Pour 2 parents et 2 enfants : 4 × 100 000 € = 400 000 €/15 ans transmissibles sans droits.
  • Don Sarkozy (don en numéraire) : 31 865 €/donateur/bénéficiaire, renouvelable 15 ans. Cumulable avec l’abattement de 100 000 €.
  • Ces abattements s’appliquent à toutes les transmissions (donations ET succession) dans la relation parent-enfant. Chaque donation consomme une partie de l’abattement disponible — solde à surveiller sur 15 ans glissants.

La donation-partage vs la donation simple

  • Donation-partage : acte notarié répartissant les parts entre plusieurs enfants simultanément. Avantage majeur : les parts données sont figées à la valeur du jour de la donation pour le calcul du rapport successoral — pas de risque de rapport de la plus-value ultérieure. Recommandée pour les transmissions importantes.
  • Donation simple : acte notarié transmettant des parts à un seul enfant ou sans partage simultané entre tous. Soumise au rapport successoral (valeur au jour du décès ou de la donation, selon le code civil) — peut créer des inégalités entre enfants si les parts ont beaucoup pris de valeur.

Le démembrement des parts de SCI : usufruit et nue-propriété

Le mécanisme du démembrement

  • Les parents peuvent donner à leurs enfants uniquement la nue-propriété des parts de SCI, en conservant l’usufruit — c’est-à-dire le droit de percevoir les revenus de la SCI (loyers distribués) et de jouir des biens (habiter l’immeuble si c’est une résidence). À la mort des parents, la nue-propriété et l’usufruit se reconstituent automatiquement dans les mains des enfants — sans droits de succession sur la valeur de l’usufruit (qui s’éteint au décès).
  • Valeur de la nue-propriété selon la table de démembrement de l’article 669 du CGI (barème fiscal 2026) :

L’impact chiffré

  • Parents de 62 ans, parts de SCI valant 500 000 €, 2 enfants. Donation NP seulement : valeur NP = 500 000 × 60 % = 300 000 €. Abattements = 2 × 100 000 € = 200 000 €. Base taxable = 100 000 €. Droits ≈ 7 700 €.
  • Sans démembrement (donation pleine propriété de 500 000 €) : abattements 200 000 € → base taxable 300 000 € → droits ≈ 55 000 €. Économie du démembrement : 47 300 €.
  • À la mort des parents, les enfants récupèrent l’usufruit sans droits de succession supplémentaires (l’usufruit s’éteint et la pleine propriété est reconstituée de plein droit).

Les droits de vote de l’usufruitier

  • En SCI, les droits de vote sont en principe attachés à la nue-propriété pour les décisions concernant la substance du bien (vente de l’immeuble), et à l’usufruit pour les actes d’administration (gestion courante, location). Les statuts peuvent répartir autrement — c’est un point clé à préciser lors de la rédaction des statuts.
  • Pour que les parents conservent réellement le contrôle après la donation de NP : prévoir dans les statuts que l’usufruitier vote pour toutes les décisions (sauf les actes de disposition comme la vente de l’immeuble qui nécessitent l’accord des nus-propriétaires). Source : Code Civil art. 1844 (droit de vote en SCI)

La valeur des parts de SCI et la décote d’illiquidité

  • La valeur des parts de SCI n’est pas simplement la valeur des actifs nets de la SCI divisée par le nombre de parts — elle peut être réduite d’une décote d’illiquidité (ou décote de minorité) qui reflète le fait que des parts de SCI non cotées sont difficiles à céder sur un marché. Une tierce personne paierait moins cher des parts de SCI que la valeur vénale nette des immeubles correspondants.
  • L’administration fiscale accepte des décotes de 10-20 % sur la valeur des parts de SCI lors d’une donation ou d’une succession, sous réserve que la décote soit justifiée et documentée (rapport d’évaluation). Cette décote réduit la base de calcul des droits de donation ou de succession.
  • Exemple : immeuble de 600 000 €, dettes SCI 100 000 € → actif net SCI = 500 000 €. Valeur des parts avec décote 15 % = 500 000 × 85 % = 425 000 €. Sur des droits calculés à 20 % (tranche 30 000-500 000 €) : économie de la décote = 75 000 × 20 % = 15 000 € de droits économisés.
  • La décote doit être réaliste et documentée — l’abus de décote excessif (> 25-30 %) est requalifié par l’administration fiscale. Un notaire ou un expert en évaluation d’entreprise peut formaliser l’évaluation.

SCI à l’IR vs SCI à l’IS : laquelle choisir pour la transmission ?

La SCI à l’IR

  • La SCI à l’IR est « transparente » fiscalement : les revenus (loyers) et les plus-values sont imposés directement chez les associés (les parents et les enfants, au prorata de leurs parts). Les loyers perçus par la SCI remontent dans les revenus fonciers des associés, imposés à leur TMI + PS 17,2 %.
  • Avantage pour la transmission : la SCI à l’IR permet une transmission des déficits fonciers de la SCI aux associés (les enfants nus-propriétaires ne peuvent pas en bénéficier directement, mais les usufruitiers oui)
  • Plus-value de cession : régime des plus-values immobilières des particuliers (PVI) avec abattements pour durée de détention → exonération totale d’IR après 22 ans (PS après 30 ans) sur les plus-values de l’immeuble. Très favorable pour les immeubles détenus depuis longtemps.

La SCI à l’IS

  • La SCI à l’IS est « opaque » : les revenus restent dans la SCI et sont soumis à l’IS (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices / 25 % au-delà). La SCI peut amortir l’immeuble (réduisant son résultat IS et donc l’impôt). Les dividendes distribués aux associés sont ensuite imposés (PFU 30 % ou barème IR).
  • Inconvénient pour la transmission : la plus-value de cession d’un immeuble dans une SCI IS est imposée à 25 % IS sur la totalité (pas d’abattement pour durée de détention) — et la base inclut les amortissements (l’immeuble a été amorti = valeur comptable réduite = plus-value importante). SCI IS = piège à la revente
  • Pour la transmission successorale pure (sans objectif de revente) : la SCI à l’IR est généralement préférable — plus-values réduites ou nulles grâce aux abattements pour durée de détention, et pas d’IS sur les loyers au niveau de la société.

La règle générale

  • SCI à l’IR pour la transmission patrimoniale familiale (détention longue, pas d’objectif de revente, revenus locatifs courants) — régime le plus simple et le plus favorable pour les immeubles détenus > 22 ans
  • SCI à l’IS pour les stratégies de capitalisation à court-moyen terme (fort IS TMI des associés, amortissement des immeubles, revente < 22 ans, trésorerie à réinvestir dans la SCI)

La gouvernance de la SCI familiale : conserver le contrôle

Les outils statutaires pour conserver le contrôle

  • Désignation du gérant dans les statuts : le gérant est désigné par les statuts (et non par une décision ordinaire d’AG qui pourrait le révoquer à la majorité simple). Si les statuts précisent que le gérant ne peut être révoqué qu’à l’unanimité ou à une majorité qualifiée (ex : 80 % des parts), les parents restent gérants même s’ils ne détiennent plus que 20 % des parts en capital.
  • Clause de révocation restrictive : les statuts peuvent prévoir que la révocation du gérant nécessite l’accord des 2/3 ou des 3/4 des parts, ou même l’accord des co-gérants si les parents sont co-gérants. Cette clause protège la gestion parentale même après des donations importantes.
  • Pouvoirs étendus du gérant : les statuts peuvent conférer au gérant des pouvoirs très larges (signature des baux, réalisation de travaux jusqu’à un certain montant, décisions de gestion courante) sans consultation des associés — évitant les blocages.

Les droits de vote : règles et enjeux

  • En SCI, les décisions ordinaires sont prises à la majorité (définie par les statuts, souvent majorité simple ou majorité des 2/3). Les décisions extraordinaires (modification des statuts, dissolution, vente d’un immeuble) requièrent l’unanimité ou une majorité qualifiée.
  • Les statuts peuvent prévoir différentes classes de parts (parts de gérant avec droits de vote multiples) — usage moins courant en SCI mais possible. En pratique, la protection du contrôle passe surtout par les clauses de révocation du gérant et les quorums de décision extraordinaire.

La stratégie du gérant non révocable

  • Pour une protection maximale des parents-gérants : rédiger les statuts en prévoyant que le gérant (les parents, nommément désignés ou par leur qualité d’associés fondateurs) ne peut être révoqué qu’à l’unanimité des associés. Cette clause, valide en droit des SCI, garantit que les parents restent maîtres de la gestion de l’immeuble même si les enfants détiennent la majorité du capital en parts.
  • À la mort du premier parent gérant : le co-gérant (l’autre parent) assure la continuité. À la mort du second parent : prévoir dans les statuts qui devient gérant (un enfant désigné par les parents dans les statuts ? Un gérant extérieur ? Vote des associés ?) — la succession de la gérance doit être anticipée pour éviter les blocages.

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Comment organiser les donations de parts concrètement

Le processus étape par étape

  • Étape 1 — Évaluation des parts par un expert : faire évaluer les parts de SCI (actif net réévalué, décote d’illiquidité documentée) par un notaire ou un expert-comptable. Cette évaluation déterminera l’assiette des droits de donation.
  • Étape 2 — Choix du mode de donation (pleine propriété ou NP seule) : selon l’âge des parents, la valeur des parts et les besoins en revenus (usufruit = loyers). Si les parents ont besoin des loyers pour vivre : donation NP seulement, parents conservent l’usufruit. Si les parents n’ont pas besoin des loyers : donation pleine propriété, plus simple mais plus coûteuse fiscalement.
  • Étape 3 — Acte notarié de donation-partage : la donation de parts de SCI doit être réalisée par acte notarié (obligation légale pour les donations entre vifs). Préférer la donation-partage (répartition simultanée entre tous les enfants) pour éviter les rapports successoraux et les inégalités futures.
  • Étape 4 — Déclaration à l’administration fiscale : le notaire dépose la déclaration de donation au service des impôts dans le mois suivant l’acte. Les droits de donation (s’il en reste à payer après abattements) sont acquittés à cette date.
  • Étape 5 — Mise à jour du registre des parts de la SCI : les cessions et donations de parts doivent être inscrites dans le registre des associés de la SCI et signifiées à la société. La SCI tient un registre des mouvements de parts.

La coordination avec les abattements légaux sur 15 ans

  • La clé de la transmission progressive par SCI : planifier les donations en respectant le délai de 15 ans entre chaque série de donations pour que les abattements légaux (100 000 €/parent/enfant) se renouvellent et que les nouvelles donations soient exonérées de droits.
  • Exemple de calendrier pour des parents de 55 ans avec 2 enfants et une SCI de 900 000 € :

La planification sur 30 ans de transmission d’une SCI de 900 000 € peut permettre de payer < 30 000 € de droits vs 150 000-200 000 € sans SCI ni démembrement.

SCI familiale et IFI : l’impact du démembrement

  • En cas de donation de la nue-propriété des parts avec conservation de l’usufruit par les parents : les parents déclarent à l’IFI la valeur de pleine propriété des parts (pas uniquement la valeur de l’usufruit) — règle spécifique au démembrement de biens imposables à l’IFI (art. 976 CGI)
  • Cette règle peut réduire l’intérêt IFI du démembrement sur des SCI soumises à l’IFI — à analyser avec un CGP avant de démembrer si l’IFI est un enjeu
  • En revanche, si les parts sont transmises en pleine propriété (sans démembrement), les enfants déclarent leur quote-part de parts dans leur propre IFI — ce qui « dilue » l’IFI entre plusieurs patrimoines si les enfants ne sont pas eux-mêmes assujettis à l’IFI

Éviter l’indivision grâce à la SCI

  • Sans SCI, un immeuble transmis à 2 enfants à parts égales crée une indivision — où toute décision (vente, travaux importants, changement de destination, nouveaux locataires) nécessite l’accord de tous les indivisaires. L’indivision est souvent source de conflits et de blocages, notamment si un enfant veut récupérer sa part et l’autre non.
  • Avec une SCI, les enfants détiennent des parts sociales — et les décisions sont prises selon les règles statutaires (majorité, quorum). Un enfant qui souhaite « sortir » cède ses parts aux autres associés ou à un tiers (avec clause d’agrément dans les statuts pour contrôler les cessions) — sans bloquer la détention de l’immeuble par les autres.
  • Les statuts de la SCI peuvent prévoir une clause d’agrément : toute cession de parts à un tiers extérieur à la famille nécessite l’accord des autres associés — permettant de maintenir le caractère « familial » de la SCI et d’éviter l’entrée d’étrangers dans l’actionnariat.

Les erreurs classiques à éviter

  • Constituer une SCI après la transmission (trop tard) : apporter un immeuble à une SCI puis le donner immédiatement est soumis à la règle de l’abus de droit fiscal — l’administration peut requalifier l’opération si elle n’a pas de substance économique autre que fiscale. La SCI doit être constituée bien avant les premières donations et avoir une activité réelle (gestion de l’immeuble, comptabilité, tenue des AG).
  • Ne pas tenir les assemblées générales annuelles : une SCI doit fonctionner réellement (AG annuelle, approbation des comptes, procès-verbaux). Une SCI « fictive » sans AG ni comptabilité régulière est exposée à la requalification fiscale et à l’annulation des avantages obtenus.
  • Négliger la clause de révocation du gérant dans les statuts : sans clause protectrice, les enfants (une fois majoritaires en capital) peuvent révoquer les parents gérants à la majorité simple. Une clause de révocation restrictive (unanimité ou majorité qualifiée 3/4) est indispensable pour garantir la maîtrise parentale.
  • Confondre la valeur de l’usufruit et la valeur des loyers : l’usufruitier a droit aux loyers distribués par la SCI (revenus de l’usufruit) — pas à la valeur vénale de l’usufruit (qui est un droit d’usage). Ces deux notions sont distinctes : la valeur fiscale de l’usufruit (table art. 669 CGI) est une valeur économique utilisée pour le calcul des droits, pas un droit à percevoir cette somme en cash.
  • Oublier de prévoir la succession de la gérance dans les statuts : si les deux parents décèdent simultanément (accident) et que les statuts ne désignent pas de gérant successeur, la SCI se retrouve sans gérant et les enfants doivent convoquer une AG d’urgence pour en nommer un — risque de blocage pendant plusieurs semaines ou mois.

Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine

  1. Constituer la SCI le plus tôt possible : chaque année de détention augmente la durée d’abattement sur les plus-values immobilières (exonération totale après 22 ans d’IR). Constituer la SCI à 50-55 ans permet d’atteindre l’exonération totale avant les premières transmissions importantes.
  2. Préférer la donation NP pour les parents de 55-65 ans : à 60 ans, la NP vaut 50 % de la valeur de la part — on peut ainsi transmettre deux fois plus de valeur économique dans les mêmes abattements légaux que sans démembrement.
  3. Opter pour la SCI à l’IR pour la transmission familiale : la SCI IS est un piège à la revente (IS 25 % sur les plus-values sans abattement). Pour des immeubles détenus > 15-20 ans, la SCI IR avec abattements PVI est bien supérieure.
  4. Rédiger des statuts protecteurs (gérant, quorum, agrément) : la gouvernance de la SCI est le nerf de la guerre — des statuts mal rédigés peuvent priver les parents du contrôle dès que les enfants deviennent majoritaires. Toujours faire rédiger les statuts par un notaire ou un avocat fiscaliste.
  5. Coordonner SCI et autres outils successoraux : la SCI familiale s’intègre dans une stratégie globale (assurance vie, donations directes, don Sarkozy) — l’analyse des abattements disponibles sur 30 ans nécessite une vision d’ensemble.

Pour aller plus loin : transmission immobilière sans vendre, types de donations 2026, transmettre son patrimoine, SCI IS.

Sources officielles : CGI art. 669 (table démembrement), Code Civil art. 1844 (droit de vote SCI), Bofip, Service-Public.fr (SCI).

Foire aux questions

Les enfants nus-propriétaires des parts de SCI ont-ils droit aux loyers distribués par la SCI ?

Non — le nu-propriétaire des parts n’a pas droit aux revenus de la SCI. C’est l’usufruitier (les parents, dans notre cas) qui perçoit les revenus de la SCI — c’est-à-dire les bénéfices distribués par la SCI (les loyers nets de charges et d’impôts). Le nu-propriétaire ne perçoit pas de loyers pendant la durée de l’usufruit — son droit se limite à la valeur en capital des parts (la nue-propriété) qui se consolidera en pleine propriété à l’extinction de l’usufruit (le décès des parents). Cette règle est fondamentale pour comprendre l’intérêt du démembrement de la SCI : les parents conservent les revenus de leur patrimoine immobilier pour leur retraite, tout en transmettant progressivement la valeur en capital à leurs enfants. Un point de vigilance : si la SCI ne distribue pas ses bénéfices (accumulation en réserves), les usufruitiers ne perçoivent pas de revenus. Les statuts de la SCI peuvent préciser les règles de distribution des bénéfices — à coordonner avec les besoins en revenus des parents.

Peut-on apporter à la SCI une résidence secondaire ou uniquement des biens locatifs ?

Oui — une SCI peut détenir tout type de bien immobilier, y compris une résidence principale ou secondaire. Cependant, les implications fiscales sont différentes selon la nature du bien. Pour une résidence principale : l’exonération de plus-value immobilière de la résidence principale (bien exonéré de plus-value à 100 % pour les personnes physiques) ne s’applique pas si le bien est détenu via une SCI — la SCI à l’IR pourrait néanmoins bénéficier des abattements pour durée de détention (exonération après 22-30 ans). Pour une résidence secondaire : même régime que pour un bien locatif en SCI IR (PVI avec abattements pour durée de détention). Pour un bien locatif : le régime des revenus fonciers en SCI IR s’applique normalement. Un point critique : apporter sa résidence principale à une SCI pour ensuite la louer à soi-même (convention d’occupation gratuite ou bail avec la SCI) est parfaitement légal mais perd l’exonération de plus-value de résidence principale. Cette stratégie peut être néanmoins intéressante si le but est successoral (transmettre la résidence à ses enfants via des parts) et non fiscal (exonération de plus-value). ACVM Patrimoine analyse ces arbitrages en coordination avec les notaires et les fiscalistes partenaires.

En résumé

  • La SCI familiale : société civile immobilière permettant de fragmenter et transmettre progressivement un patrimoine immobilier via des donations de parts, tout en conservant la gestion (gérant non révocable).
  • La donation progressive : donations échelonnées dans les abattements légaux (100 000 €/parent/enfant, renouvelables tous les 15 ans) → transmission quasi-gratuite sur 30 ans.
  • Le démembrement : donation NP seulement (parents conservent l’usufruit et les loyers) → transmet deux fois plus de valeur économique dans les mêmes abattements que sans démembrement.
  • La décote d’illiquidité : 10-20 % sur la valeur des parts → réduit l’assiette des droits de donation/succession.
  • SCI IR pour la transmission : plus favorable que la SCI IS (pas d’IS sur la plus-value de revente + abattements PVI après 22-30 ans).
  • La gouvernance : clause de révocation restrictive du gérant (unanimité ou majorité 3/4) → parents restent maîtres de la gestion même après avoir donné la majorité du capital.
  • Notre conseil : constituer la SCI tôt, rédiger des statuts protecteurs, planifier les donations sur 15-30 ans, coordonner avec les autres outils successoraux — rendez-vous gratuit ACVM Patrimoine.

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