La SELARL (Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) n’est pas seulement un outil d’exercice professionnel pour les médecins, dentistes, avocats, pharmaciens et autres libéraux réglementés — c’est aussi un levier d’optimisation fiscale considérable, à condition d’en exploiter l’intégralité des mécanismes. Un professionnel libéral qui exerce en nom propre (BNC à l’IR) peut supporter une charge fiscale et sociale globale de 55-65 % de son résultat. Le même professionnel qui structure son activité en SELARL et pilote intelligemment sa rémunération, son PER TNS, sa prévoyance Madelin et ses dividendes peut réduire cette charge à 35-45 % — une économie annuelle de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce guide présente en 2026 l’ensemble des leviers de réduction fiscale disponibles via la SELARL : le taux IS réduit, l’optimisation de la rémunération du gérant, le PER TNS jusqu’à 88 911 €, les contrats Madelin, la stratégie dividendes, la holding IS au-dessus de la SELARL et la transmission optimisée. Chaque levier est chiffré et illustré par des simulations concrètes.
Par l’équipe ACVM Patrimoine — Conseillers en gestion de patrimoine indépendants
Publié le 19 septembre 2026 — Mis à jour le 19 septembre 2026
Temps de lecture estimé : 9 minutes
Avertissement : les stratégies présentées dans ce guide nécessitent l’accompagnement d’un expert-comptable et d’un CGP spécialisés. Les simulations sont indicatives — chaque situation est unique.
Dans cet article :
- Pourquoi la SELARL permet de réduire sa fiscalité
- Levier 1 — L’IS réduit : 15 % jusqu’à 42 500 €
- Levier 2 — La rémunération optimisée du gérant
- Levier 3 — Le PER TNS jusqu’à 88 911 €
- Levier 4 — La prévoyance Madelin déductible
- Levier 5 — La stratégie dividendes et la règle des 10 %
- Levier 6 — Le contrat de capitalisation dans la SELARL
- Levier 7 — La holding IS au-dessus de la SELARL
- Levier 8 — La transmission de la SELARL : Dutreil et apport-cession
- La simulation globale : BNC vs SELARL bien gérée
- SELARL vs SELAS : quel régime optimise mieux la fiscalité ?
- Les erreurs classiques à éviter
- Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine
- Foire aux questions
- En résumé
Pourquoi la SELARL permet de réduire sa fiscalité
La SELARL agit comme un « sas fiscal » entre les revenus professionnels bruts et la poche personnelle du praticien — créant deux niveaux d’imposition au lieu d’un, mais avec des taux nettement plus favorables à chaque étage.
La situation sans SELARL : exercice en nom propre (BNC)
- Le professionnel libéral en nom propre est imposé sur l’intégralité de son résultat BNC (Bénéfices Non Commerciaux) à l’IR au barème progressif + prélèvements sociaux 17,2 %
- Pour un résultat net BNC de 300 000 € : tranche marginale à 45 % + PS 17,2 % sur une partie → charge globale effective de 50-55 % sur les tranches supérieures
- Les cotisations sociales (URSSAF, retraite CARMF/CNBF/CNAVPL selon la profession) viennent en déduction du résultat — mais leur montant est lui-même calculé sur le revenu net, créant une imbrication complexe
- Résultat : pour 100 € de chiffre d’affaires net généré, le professionnel libéral en nom propre conserve souvent 35-45 € nets de toutes charges fiscales et sociales
La situation avec SELARL bien gérée
- La SELARL génère les honoraires professionnels — elle déduit la rémunération du gérant (optimisée), les cotisations sociales TNS, les versements PER, la prévoyance Madelin et toutes les charges professionnelles
- Le résultat résiduel de la SELARL est soumis à l’IS (15 % sur les premiers 42 500 €, 25 % au-delà) — nettement inférieur aux 41-45 % de TMI du professionnel libéral à hauts revenus
- Le professionnel tire de la SELARL une rémunération nette optimisée + un PER bien alimenté + une prévoyance adéquate — et laisse le reste capitaliser dans la SELARL à l’IS
- Résultat : pour 100 € de chiffre d’affaires net, le professionnel libéral en SELARL bien gérée conserve 45-55 € nets — une amélioration de 10-15 points par rapport à l’exercice en nom propre
Levier 1 — L’IS réduit : 15 % jusqu’à 42 500 €
Le premier levier d’économie fiscale de la SELARL est le taux d’IS réduit — qui s’applique aux bénéfices résiduels après rémunération du gérant.
Les taux IS applicables à la SELARL en 2026
- Taux réduit PME : 15 % sur la fraction du bénéfice imposable de la SELARL ne dépassant pas 42 500 €
- Taux normal : 25 % sur la fraction du bénéfice imposable au-delà de 42 500 €
- Conditions pour bénéficier du taux réduit 15 % : capital social entièrement libéré, détenu à plus de 75 % par des personnes physiques, chiffre d’affaires HT < 10 M€ — conditions généralement remplies par les SELARL de petite et moyenne taille
L’économie IS vs BNC
- Sur les premiers 42 500 € de bénéfice résiduel dans la SELARL : IS à 15 % = 6 375 € → au lieu d’une imposition à 41-45 % chez le praticien → économie de 26-30 points soit 11 050-13 500 € d’économie sur ce seul premier levier
- Pour un bénéfice résiduel total de 100 000 € dans la SELARL : IS = 15 % × 42 500 + 25 % × 57 500 = 6 375 + 14 375 = 20 750 € → vs imposition personnelle directe ≈ 41 000-45 000 € (à TMI 41-45 %)
- Économie fiscale sur ce seul levier pour 100 000 € de bénéfice résiduel : 20 250-24 250 €
Levier 2 — La rémunération optimisée du gérant
La rémunération du gérant de SELARL est la variable d’ajustement centrale — trop haute, elle maximise les cotisations TNS et l’IR personnel ; trop basse, elle génère un excédent de bénéfice IS et un plafond PER insuffisant.
La déductibilité IS de la rémunération
- La rémunération versée par la SELARL au gérant est une charge déductible du résultat IS — chaque euro versé en rémunération réduit le bénéfice imposable à l’IS de la SELARL
- Exemple : SELARL avec 500 000 € de résultat avant rémunération. Gérant rémunéré 200 000 € brut → résultat SELARL = 300 000 € → IS = 15 % × 42 500 + 25 % × 257 500 = 6 375 + 64 375 = 70 750 €
- Sans SELARL (BNC direct) sur 300 000 € : charge fiscale et sociale ≈ 160 000-180 000 € → économie avec SELARL : 90 000-110 000 €
Le niveau optimal de rémunération
- Il n’existe pas de niveau « universel » optimal — le bon niveau de rémunération dépend du résultat de la SELARL, de la TMI personnelle du gérant, du plafond PER souhaité, des cotisations TNS et des besoins de revenus personnels
- Règle pratique : fixer la rémunération au niveau qui maximise le plafond PER désiré tout en minimisant le résultat IS (au-delà du taux réduit 15 %). Ce niveau varie chaque année selon le résultat de la SELARL.
- La décision de rémunération doit être prise en novembre-décembre de chaque année — une fois que le résultat estimé de l’exercice est connu — en coordination avec l’expert-comptable et le CGP
Les charges déductibles supplémentaires de la SELARL
- Au-delà de la rémunération du gérant, la SELARL peut déduire de son résultat IS : les cotisations sociales TNS (URSSAF, retraite de la caisse libérale) / les primes de prévoyance Madelin / les frais professionnels (abonnements, formation, déplacements, fournitures) / les amortissements du matériel médical et des logiciels / les loyers des locaux professionnels / les frais de personnel (secrétaire, assistants)
- Toutes ces charges réduisent le résultat IS — maximisant l’avantage fiscal de la SELARL
Levier 3 — Le PER TNS jusqu’à 88 911 €
Le Plan d’Épargne Retraite individuel est le levier fiscal le plus puissant disponible pour le gérant de SELARL — avec un plafond de déductibilité nettement supérieur à celui d’un salarié.
Le plafond PER TNS 2026 pour le gérant de SELARL
- Formule : 10 % de la rémunération nette TNS + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS
- PASS 2026 = 48 060 € → plafond minimum : 4 806 € / plafond maximum : 88 911 €
- Les versements PER sont déductibles du revenu imposable à l’IR du gérant (article 154 bis CGI) — dans la limite du plafond TNS
- Économie IR immédiate = montant versé × TMI du gérant → à TMI 41 % : 30 000 € versés = 12 300 € d’IR économisé immédiatement
Les reports de plafond : le « stock » à utiliser
- Les plafonds PER non utilisés des 3 années précédentes sont cumulables avec le plafond de l’année courante (visible case 6PS de l’avis d’imposition)
- Un gérant de SELARL qui n’a pas encore ouvert de PER peut avoir 3 années de plafonds cumulés à utiliser en une seule fois — représentant potentiellement 50 000-80 000 € déductibles en un seul versement
- Ces plafonds expirent chaque 31 décembre (les droits de N-3 disparaissent) — vérifier et utiliser avant la fin de l’année
La complémentarité PER + retraite de la caisse libérale
- Les professionnels libéraux ont des retraites de base souvent insuffisantes (CARMF pour les médecins, CNBF pour les avocats, CARPIMKO pour les kinésithérapeutes, CAVP pour les pharmaciens…) — le PER est le complément retraite incontournable pour maintenir le niveau de vie
- ACVM Patrimoine calibre le versement annuel optimal en tenant compte des droits à la retraite de la caisse et des besoins estimés à la retraite
Pour les détails, consultez notre article sur le PER 2026 : les meilleurs supports et notre guide sur l’investissement en SELARL.
Levier 4 — La prévoyance Madelin déductible
Les contrats Madelin (prévoyance et complémentaire santé) constituent un levier fiscal supplémentaire souvent sous-exploité par les gérants de SELARL.
Les contrats Madelin : définition
- Les contrats Madelin sont des contrats de prévoyance collective souscrits par la SELARL au bénéfice du gérant TNS — couvrant les risques incapacité de travail, invalidité, décès, et complémentaire santé
- Leurs cotisations sont déductibles du résultat IS de la SELARL (dans les limites légales) — réduisant à la fois le bénéfice imposable de la SELARL et les cotisations sociales TNS
Les plafonds de déductibilité Madelin 2026
- Prévoyance (incapacité, invalidité, décès) : cotisations déductibles dans la limite de 7 % du PASS + 3,75 % du revenu professionnel net — plafond de déduction limité à 3 % de 8 PASS = 11 534 €/an
- Complémentaire santé : cotisations déductibles dans la limite de 3,75 % du revenu professionnel + 7 % du PASS — plafonné à 3 % de 8 PASS
- La combinaison prévoyance + santé Madelin peut représenter 8 000-15 000 €/an de cotisations déductibles IS selon le niveau de revenu et les garanties souscrites
L’importance de la prévoyance pour le praticien libéral en SELARL
- Pour un médecin ou un professionnel de santé en SELARL : l’arrêt d’activité (accident, maladie grave) stoppe les honoraires — et donc les recettes de la SELARL. Sans revenus entrants, la SELARL ne peut plus payer ni le gérant, ni les charges fixes.
- Un contrat de prévoyance incapacité/invalidité bien calibré compense le revenu perdu — finançant la continuité ou la reconversion. C’est une nécessité absolue, pas une option fiscale.
- L’avantage Madelin est double : protection réelle du praticien + économie IS sur les cotisations
Levier 5 — La stratégie dividendes et la règle des 10 %
La distribution de dividendes depuis la SELARL est une composante de la rémunération globale du gérant — à doser avec précision en raison de la règle des 10 %.
La règle des 10 % : le piège à éviter
- Pour un gérant majoritaire de SELARL (régime TNS) : les dividendes distribués sont soumis aux cotisations sociales TNS pour la fraction dépassant 10 % du capital social + des comptes courants d’associés (CCA)
- Capital social SELARL = 10 000 € et CCA = 0 € → seuil = 1 000 € → dividendes distribués = 80 000 € → cotisations TNS sur 79 000 € (la quasi-totalité) → charge sociale très élevée
- La règle des 10 % rend les dividendes de SELARL beaucoup moins attractifs que pour une SAS (où le président assimilé salarié ne paie pas de cotisations TNS sur les dividendes)
Comment limiter l’impact de la règle des 10 %
- Augmenter le capital social : incorporer des réserves au capital social (opération neutre fiscalement) pour élargir l’assiette des 10 % → seuil plus élevé = fraction des dividendes hors cotisations TNS plus importante
- Alimenter le compte courant d’associé (CCA) : les fonds avancés par le gérant à la SELARL via un CCA entrent dans l’assiette des 10 % → le CCA rémunéré à taux légal (~4,5-5 % en 2026) élargit le seuil et permet une sortie de fonds sans cotisations (remboursement du CCA sans imposition)
- Privilégier la capitalisation sur la distribution : la stratégie optimale pour la plupart des gérants de SELARL est de distribuer le minimum nécessaire en dividendes et de capitaliser le reste dans la SELARL ou une holding
La fiscalité des dividendes « hors cotisations TNS »
- Pour la fraction des dividendes dans la limite des 10 % du capital + CCA : soumise au PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) — identique aux dividendes d’une SAS
- Pour la fraction dépassant les 10 % : soumise aux cotisations TNS (~40-45 %) + IR barème (41-45 %) — la charge totale peut dépasser 75-80 %, rendant ces dividendes quasi-confiscatoires
Levier 6 — Le contrat de capitalisation dans la SELARL
La SELARL IS peut souscrire un contrat de capitalisation pour personne morale — offrant un traitement fiscal IS très avantageux sur les bénéfices capitalisés.
L’avantage du contrat de capitalisation IS dans la SELARL
- Le contrat de capitalisation souscrit par la SELARL IS est imposé chaque année sur une base forfaitaire : valeur du contrat × taux moyen des obligations d’État (TME, environ 1,5-2 % en 2026) → IS effectif annuel ≈ 0,4 %/an de la valeur du contrat
- Si le contrat génère 3,5 % de rendement réel : IS annuel = 0,4 %/an → les 3,1 % restants capitalisent en report d’imposition jusqu’au rachat
- Pour les bénéfices de la SELARL qui ne sont ni distribués ni versés en rémunération, le contrat de capitalisation IS est la solution de trésorerie optimale — supérieure au CAT (IS sur intérêts réels) et à la ligne d’obligations (IS sur coupons réels)
La SELARL ne peut pas souscrire d’assurance vie
- Rappel fondamental : une SELARL (comme toute personne morale) ne peut pas souscrire un contrat d’assurance vie — réservé aux personnes physiques. Le contrat de capitalisation est l’alternative légale.
- En revanche, la SELARL peut être bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie souscrit par son gérant (assurance vie homme-clé) — pour couvrir le risque de décès ou d’invalidité du praticien indispensable à l’activité
Levier 7 — La holding IS au-dessus de la SELARL
La création d’une holding IS au-dessus de la SELARL est le levier avancé qui maximise la capitalisation des bénéfices professionnels et ouvre les possibilités d’investissement patrimonial.
Le schéma SELARL + holding IS
- La SELARL exerce l’activité libérale — elle génère des bénéfices nets après rémunération du gérant et IS
- Ces bénéfices nets sont distribués à une holding IS (constituée par le praticien) sous le régime mère-fille : IS effectif dans la holding = 1,25 % seulement (5 % de quote-part × 25 % IS)
- La holding IS investit ensuite librement — contrat de capitalisation, SCPI, private equity, immobilier, CTO professionnel — sans les contraintes de l’objet social libéral de la SELARL
Les conditions légales de la holding au-dessus d’une SELARL
- Rappel : les professionnels exerçants doivent détenir plus de 50 % du capital de la SELARL — la holding ne peut donc pas détenir la SELARL si cela conduisait à ce que les professionnels ne détiennent plus directement la majorité
- Solution courante : le praticien détient directement 100 % de la SELARL, perçoit ses dividendes personnellement, puis les réinjecte dans sa holding IS via des apports en CCA ou en capital
- Alternative possible (selon les ordres professionnels) : la holding détient une fraction minoritaire des parts de SELARL (< 50 %) — les conditions varient selon la profession et l’ordre régional. Vérification indispensable.
La simulation : SELARL + holding vs SELARL seule
- SELARL avec 200 000 € de bénéfice net après IS disponible pour investissement
- Sans holding : distribution au praticien → PFU 30 % → disponible pour investissement = 140 000 €
- Avec holding (régime mère-fille) : remontée vers holding → IS dans holding = 200 000 × 1,25 % = 2 500 € → disponible pour investissement = 197 500 €
- Avantage de la holding : 57 500 € de plus disponibles pour investir — chaque année
- Sur 10 ans à 5 % de rendement : capital holding ≈ 2 484 000 € vs capital sans holding ≈ 1 761 000 € → avantage holding : +723 000 €
Pour les détails, consultez notre article sur le régime mère-fille et la holding patrimoniale.
Levier 8 — La transmission de la SELARL : Dutreil et apport-cession
La SELARL est non seulement un outil d’optimisation en cours d’activité — c’est aussi un outil de transmission patrimoniale, grâce à l’extension du pacte Dutreil aux SEL depuis la LF 2024 et aux mécanismes d’apport-cession.
Le pacte Dutreil appliqué à la SELARL
- Depuis la loi de finances pour 2024, les parts de SELARL (et plus généralement de SEL) sont expressément éligibles au pacte Dutreil (article 787 B CGI) — abattement de 75 % sur la valeur des parts transmises (donation ou succession)
- Conditions : engagement collectif de conservation (ECC, 17 % des droits financiers, 2 ans) + engagement individuel (EIC, 4 ans) + exercice de la profession libérale dans la SELARL pendant 3 ans après la transmission
- L’ECC réputé acquis s’applique quand le praticien est associé exerçant majoritaire depuis plus de 2 ans — ce qui est le cas de la quasi-totalité des praticiens en SELARL
- Simulation : SELARL valorisée à 1 000 000 € transmise à 2 enfants → abattement Dutreil 75 % → base taxable = 250 000 € → abattements légaux 100 000 €/enfant → base nette ≈ 50 000 € → droits ≈ 2 500 € (vs 156 388 € sans Dutreil)
L’apport-cession si pas de repreneur familial
- Si aucun enfant n’est professionnel qualifié pour reprendre la SELARL, l’apport-cession (article 150-0 B ter CGI) permet d’apporter les parts de SELARL à une holding IS avant la cession — reportant l’imposition de la plus-value de cession
- La holding perçoit le prix de cession de la SELARL et peut le réinvestir en actifs patrimoniaux diversifiés pendant la durée du report — sans imposition immédiate de la plus-value
- La condition de réinvestissement : au moins 60 % du produit de cession doit être réinvesti dans des actifs éligibles dans un délai de 2 ans
Pour les détails, consultez notre article sur le pacte Dutreil 2026 et l’apport-cession 2026.
La simulation globale : BNC vs SELARL bien gérée
Voici une simulation complète comparant l’exercice en nom propre (BNC) et l’exercice en SELARL optimisée — pour un professionnel libéral avec 400 000 € de résultat annuel.
Hypothèses
- Professionnel libéral (médecin spécialiste), résultat net d’activité avant optimisation : 400 000 €
- Situation familiale : marié, 2 enfants, conjoint sans revenus professionnels importants
- Objectif : percevoir 150 000 € nets annuels pour le train de vie + maximiser l’épargne et la capitalisation
Scénario A — BNC en nom propre
- Résultat BNC : 400 000 €
- Cotisations sociales (URSSAF + CARMF + complémentaire) : environ 90 000 €
- Résultat net imposable à l’IR : 310 000 €
- IR (barème, parts de quotient familial) : environ 108 000 €
- Disponible net après cotisations et IR : 400 000 − 90 000 − 108 000 = 202 000 €
- PER TNS (plafond ≈ 35 000 €, économie IR 41 % = 14 350 €) : 35 000 € épargnés → disponible réduit d’autant
- Disponible net pour train de vie et épargne hors PER : 167 000 €
Scénario B — SELARL optimisée
- Honoraires encaissés par la SELARL : 400 000 €
- Rémunération brute du gérant (optimisée) : 130 000 €
- Cotisations TNS (~40 % de la rémunération nette) : 37 143 €
- Rémunération nette du gérant : 92 857 €
- PER TNS sur rémunération nette (plafond ≈ 22 800 €, économie IR 41 % = 9 348 €) : 22 800 €
- Prévoyance Madelin déductible IS : 12 000 €
- Résultat SELARL avant IS : 400 000 − 130 000 − 12 000 = 258 000 €
- IS SELARL : 15 % × 42 500 + 25 % × 215 500 = 6 375 + 53 875 = 60 250 €
- Résultat net SELARL après IS : 197 750 € — conservé dans la SELARL ou distribué/remonté en holding
- Revenu personnel disponible du gérant : rémunération nette 92 857 € − IR ≈ 20 000 € (TMI réduite car rémunération plus faible) − PER 22 800 € = environ 70 000 € pour le train de vie
- Bénéfice dans la SELARL ou holding : 197 750 € capitalisés à l’IS (25 %) ou via régime mère-fille (1,25 % dans la holding)
Comparaison globale
Note : cette simulation est simplifiée. Elle illustre l’ordre de grandeur des gains — les chiffres précis dépendent de nombreux paramètres propres à chaque situation.
SELARL vs SELAS : quel régime optimise mieux la fiscalité ?
Le choix entre SELARL (gérant TNS) et SELAS (président assimilé salarié) a des implications fiscales directes sur chaque levier d’optimisation.
Comparatif fiscal détaillé SELARL vs SELAS
La règle de décision
- SELARL recommandée si : stratégie PER maximale (plafond jusqu’à 88 911 €), cotisations TNS réduites sur la rémunération optimisée, peu de dividendes distribués (capitalisation dans la structure)
- SELAS recommandée si : stratégie de distribution de dividendes importants (sans cotisations sociales), protection sociale complète souhaitée, plafond PER salarié suffisant pour les besoins retraite
- Pour la grande majorité des professionnels libéraux à hauts revenus souhaitant capitaliser et préparer leur retraite : la SELARL est plus avantageuse — grâce au plafond PER TNS supérieur et aux cotisations plus faibles sur la rémunération
Les erreurs classiques à éviter
- Se verser l’intégralité des bénéfices en rémunération : l’erreur la plus répandue — une rémunération trop élevée génère des cotisations TNS et un IR excessifs, et annule l’avantage IS de la SELARL. La rémunération doit être calibrée pour ne couvrir que les besoins de train de vie + le plafond PER souhaité, en laissant un bénéfice résiduel capitaliser à l’IS.
- Ne pas alimenter le PER TNS : le plafond PER du gérant de SELARL (jusqu’à 88 911 €) est l’une des déductions fiscales les plus puissantes disponibles — chaque année sans versement PER est une économie fiscale perdue à jamais (les plafonds de N-3 expirent le 31 décembre). Ouvrir le PER et fixer un montant de versement annuel est une priorité absolue.
- Distribuer des dividendes sans contrôler la règle des 10 % : des dividendes importants dans une SELARL dépassant 10 % du capital + CCA sont soumis aux cotisations TNS — rendant ces dividendes beaucoup moins attractifs que prévu. Toujours calculer la fraction « cotisée » avant toute distribution, et préférer la capitalisation ou le remboursement de CCA à la distribution de dividendes massifs.
- Oublier la prévoyance Madelin : la prévoyance incapacité/invalidité est indispensable pour un praticien libéral dont l’arrêt d’activité stoppe les revenus de la SELARL. Et ses cotisations sont déductibles IS. Ne pas souscrire une prévoyance Madelin, c’est prendre un risque financier majeur tout en laissant une déduction fiscale inutilisée.
- Ne pas constituer de holding IS dès que les bénéfices dépassent les besoins personnels : quand la SELARL génère des bénéfices significativement supérieurs aux besoins de train de vie du praticien, chaque euro distribué en dividendes PFU (30 %) plutôt que remonté en holding (IS 1,25 % via régime mère-fille) représente une perte de 28,75 points de fiscalité. La holding doit être créée dès que les excédents annuels dépassent 50 000-80 000 €.
- Attendre les élections de 2027 pour mettre en place le pacte Dutreil : le Dutreil sur les SEL (SELARL) n’est disponible que depuis la LF 2024 — et ce dispositif est menacé par une réforme fiscale post-2027. Initier le processus de mise en place d’un pacte Dutreil en 2026 pour sécuriser la transmission de la SELARL avant les élections.
Stratégie & recommandation ACVM Patrimoine
L’optimisation fiscale d’une SELARL est un processus annuel — pas un paramétrage initial que l’on oublie. Elle requiert un pilotage conjoint par l’expert-comptable (résultat de la SELARL, charges déductibles) et le CGP (rémunération optimale, PER, prévoyance, holding). Notre recommandation en 5 points :
- Calibrer la rémunération chaque novembre-décembre : avec l’estimation du résultat annuel, ACVM Patrimoine calcule le niveau de rémunération qui maximise le plafond PER tout en minimisant l’IS au-delà du taux réduit 15 %. Ce calcul se fait en coordination avec l’expert-comptable et tient compte des cotisations TNS, de l’IR personnel et des besoins de train de vie.
- Maximiser le PER TNS avant le 31 décembre : verser le maximum du plafond PER disponible (y compris les reports N-3 à N-1 visibles sur l’avis d’imposition) avant le 31 décembre de chaque année. Pour un praticien à TMI 41 %, chaque 10 000 € versés sur le PER économisent 4 100 € d’IR immédiatement. ACVM Patrimoine sélectionne les meilleurs PER du marché (architecture ouverte, frais réduits, ETF disponibles).
- Structurer la prévoyance Madelin dans le cadre de la SELARL : définir les garanties incapacité, invalidité et décès adaptées au niveau de revenus et à la situation familiale du praticien — et s’assurer que les cotisations sont déductibles IS dans les limites légales. Un bilan prévoyance complet est réalisé par ACVM Patrimoine en coordination avec un courtier spécialisé.
- Créer la holding IS dès que les excédents annuels le justifient : pour les praticiens dont la SELARL génère des bénéfices nets IS supérieurs à 80 000-100 000 €/an au-delà des besoins personnels, la création d’une holding IS (SARL ou SAS) permet de capitaliser via le régime mère-fille (IS 1,25 %) et d’investir librement. ACVM Patrimoine conçoit le schéma SELARL + holding adapté à chaque profil.
- Anticiper la transmission de la SELARL avec le pacte Dutreil : que ce soit pour une transmission à un enfant professionnel ou une cession à un successeur, le praticien doit planifier sa sortie 5-10 ans à l’avance. Le pacte Dutreil (depuis la LF 2024) réduit les droits de 75 %, l’apport-cession reporte la plus-value — deux outils à mettre en place avant les élections de 2027.
Pour aller plus loin, consultez nos articles sur l’investissement en SELARL, le PER 2026, la holding SARL et la rémunération, le régime mère-fille, le pacte Dutreil 2026, l’apport-cession et notre présentation d’ACVM Patrimoine.
Foire aux questions
À partir de quel niveau de revenus la SELARL est-elle fiscalement intéressante ?
La SELARL devient fiscalement intéressante dès lors que l’économie fiscale générée dépasse les coûts de structure (comptabilité, formalités juridiques, déclarations supplémentaires — généralement 3 000-6 000 €/an). Ce seuil dépend du niveau de revenus et, surtout, de la capacité à laisser des bénéfices dans la SELARL (capitalisation). Pour un professionnel libéral qui a besoin de la quasi-totalité de son résultat pour son train de vie et ne peut pas laisser de bénéfice résiduel dans la SELARL, l’avantage IS est minimal — les coûts de structure peuvent dépasser les économies. En revanche, pour un professionnel qui peut laisser 50 000-100 000 € ou plus de bénéfice par an dans la SELARL, l’économie IS (25 % vs 41-45 % d’IR + PS en nom propre) sur cette seule fraction représente 8 000-20 000 €/an — largement supérieure aux coûts de structure. En pratique, pour les professions de santé libérales (médecins spécialistes, chirurgiens-dentistes, pharmaciens d’officine) avec des résultats nets dépassant 150 000-200 000 €/an, la SELARL est quasi-systématiquement avantageuse si une stratégie de capitalisation est mise en place. En dessous de 100 000 € de résultat net, le calcul est plus serré — une simulation précise avec l’expert-comptable et ACVM Patrimoine s’impose avant de décider.
Le gérant de SELARL peut-il déduire ses frais de voiture et de déplacement professionnel ?
Oui — mais avec des règles précises selon que la voiture appartient au gérant personnellement ou à la SELARL. Si la voiture appartient à la SELARL : l’achat ou le financement (crédit-bail, leasing) est une charge de la SELARL. Les frais d’entretien, d’assurance, de carburant professionnel et les amortissements sont déductibles du résultat IS de la SELARL. La TVA sur les véhicules de tourisme n’est généralement pas récupérable (sauf véhicules utilitaires ou véhicules « camionnette »). L’utilisation à titre privé du véhicule par le gérant constitue un avantage en nature (AEN) — à déclarer dans la rémunération du gérant. Si la voiture appartient au gérant personnellement : le gérant peut se faire rembourser ses frais de déplacement professionnel par la SELARL — soit au forfait kilométrique (barème fiscal de l’administration), soit au frais réels. Ces remboursements sont déductibles IS pour la SELARL et non imposables chez le gérant (à condition qu’ils correspondent à des déplacements professionnels réels et documentés). Pour les médecins qui réalisent des visites à domicile ou des déplacements entre établissements : un véhicule SELARL avec suivi kilométrique professionnel/privé est souvent la solution la plus avantageuse. ACVM Patrimoine et l’expert-comptable déterminent la solution optimale selon le niveau d’utilisation professionnelle.
Peut-on transférer une SELARL dans une holding sans imposition immédiate ?
Oui — l’apport des parts de SELARL à une holding IS (apport-cession au sens de l’article 150-0 B ter du CGI) permet de reporter l’imposition de la plus-value d’apport jusqu’à la cession des titres par la holding. Concrètement : le praticien apporte ses parts de SELARL à une holding IS qu’il contrôle, en échange de parts de la holding. La plus-value d’apport (différence entre la valeur des parts au moment de l’apport et leur prix d’acquisition initial) est calculée mais son imposition est reportée — le praticien ne paie pas d’impôt immédiatement. La holding détient les parts de la SELARL et peut percevoir les dividendes de la SELARL sous le régime mère-fille (IS effectif 1,25 %). Si la holding cède ensuite les parts de la SELARL (à un successeur par exemple), la plus-value de cession bénéficie du régime des plus-values à long terme (IS effectif 3 %) si les conditions sont remplies (> 5 % du capital, > 2 ans de détention). Attention : la condition légale de la SELARL (les associés exerçants doivent détenir directement plus de 50 % du capital) doit être vérifiée. Dans certains cas, la holding peut détenir une fraction minoritaire des parts — mais le praticien doit rester associé exerçant majoritaire direct pour satisfaire les conditions de son ordre professionnel. La mise en place d’un tel schéma nécessite l’intervention d’un avocat fiscaliste, d’un expert-comptable et d’une validation par l’ordre professionnel — ACVM Patrimoine coordonne cette démarche.
En résumé
- Les 8 leviers de réduction fiscale : IS 15-25 % (vs IR 41-45 % + PS) / rémunération optimisée déductible IS / PER TNS jusqu’à 88 911 € / Madelin prévoyance déductible / stratégie dividendes contrôlée (règle des 10 %) / contrat capitalisation IS (0,4 %/an) / holding IS (régime mère-fille IS 1,25 %) / transmission Dutreil 75 % (depuis LF 2024).
- La simulation clé : 400 000 € de résultat. BNC nom propre → charge totale 198 000 € (49,5 %). SELARL optimisée → charge totale 117 393 € (29,4 %) + 197 750 € capitalisés. Gain annuel : +80 607 €.
- SELARL vs SELAS : SELARL recommandée pour les praticiens voulant maximiser le PER (88 911 € vs 37 680 €) et capitaliser dans la structure. SELAS recommandée pour les praticiens voulant distribuer des dividendes importants sans cotisations sociales.
- Les erreurs à éviter : tout distribuer en rémunération / ignorer le PER TNS / distribuer des dividendes massifs sans contrôler la règle des 10 % / négliger la prévoyance Madelin / ne pas créer la holding dès que les excédents le justifient / attendre 2027 pour le Dutreil.
- Notre conseil : calibrer la rémunération chaque novembre, maximiser le PER avant le 31 décembre, structurer la prévoyance Madelin, créer la holding IS dès 80-100 K€ d’excédents annuels, anticiper le Dutreil avant 2027 — bilan gratuit ACVM Patrimoine.
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Notre bilan fiscal SELARL est réalisé lors d’un rendez-vous gratuit et sans engagement. Nous simulons l’impact de chaque levier sur votre situation, recommandons le schéma optimal et coordonnons avec votre expert-comptable — en présentiel au Puy-en-Velay ou à Grenoble, ou en visioconférence partout en France.

